Drame d’Arlon : un père jugé pour le meurtre de son fils de 3 ans, Wassim
Le procès de Mohammed Taoussi, accusé d’avoir tué son fils de 3 ans, Wassim, s’est ouvert ce mardi devant les assises du Luxembourg. Les faits, survenus en Belgique, rappellent la vulnérabilité des enfants face à la violence domestique, un fléau qui touche aussi nos communautés. Ce dossier, marqué par des signaux d’alerte ignorés, soulève des questions essentielles sur la protection de l’enfance.
Une mort d’abord jugée non suspecte
Wassim est arrivé inconscient à l’hôpital d’Arlon, où son décès n’a pas immédiatement éveillé les soupçons du médecin urgentiste. Mais un témoignage a rapidement orienté l’enquête vers des soupçons de maltraitance. Des voisins ont rapporté avoir entendu le père crier sur l’enfant ou perçu des bruits de gifles. Le petit garçon, qui ne parlait pas mais poussait des cris, avait été admis à plusieurs reprises à l’hôpital avec des blessures conséquentes, dont une épaule déboîtée.
Un autopsie révélatrice
Après ces signalements, un scanner post-mortem a été ordonné, révélant des lésions suspectes. L’autopsie, réalisée le 27 novembre, a mis en évidence de multiples ecchymoses sur tout le corps, une morsure à la cuisse, un important hématome cérébral et une fracture de l’os hyoïde, évoquant des gestes d’étranglement. Le médecin légiste a conclu à un homicide par coups à la tête, ayant provoqué une hémorragie intracrânienne létale.
Un parcours marqué par des signaux d’alarme
Mohammed Taoussi, ancien karatéka de haut niveau, est arrivé en Belgique en 2017. Après la naissance de Wassim en 2020, la vie de couple s’est dégradée, et la police est intervenue à plusieurs reprises. Dès 2021, la mère a exprimé ses doutes sur le comportement de son mari. Le couple s’est séparé fin 2021, et Wassim a été hospitalisé à plusieurs reprises en 2022 pour des blessures graves. En octobre 2022, un dossier a été ouvert au Service d’Aide à la Jeunesse (SAJ) sur la base des inquiétudes du père lui-même, qui s’interrogeait sur l’instabilité de son ex-épouse et le développement de l’enfant.
Une tragédie après la mort de la mère
Le 27 février 2023, la mère de Wassim a perdu la vie dans un accident de voiture, laissant Mohammed Taoussi seul avec son fils, potentiellement autiste. Des témoins ont alors constaté l’agressivité du père envers l’enfant. En avril 2023, Wassim a été admis à l’hôpital pour une fracture du fémur. La grand-mère maternelle a alerté le SAJ en mai, mais après trois mois d’encadrement, le service a estimé qu’il n’y avait « aucune inquiétude quant à la prise en charge de Wassim par Mohammed Taoussi, décrit comme un père ».
Un procès pour meurtre et privation de soins
L’avocat général, Julien Docquier, a détaillé les deux années d’enquête, incluant des analyses bancaires, téléphoniques et une expertise psychiatrique du père. Mohammed Taoussi est poursuivi pour le meurtre de son fils, des coups et blessures volontaires, et la privation de soins. Ce procès met en lumière les failles d’un système qui n’a pas su protéger un enfant en danger, malgré les multiples signaux.
Questions fréquentes sur cette affaire
Quelles étaient les preuves de maltraitance ?
L’autopsie a révélé des ecchymoses multiples, une morsure, un hématome cérébral et une fracture de l’os hyoïde, indiquant des coups et des gestes d’étranglement.
Pourquoi le père n’a-t-il pas été arrêté plus tôt ?
Malgré des signalements, le SAJ avait conclu à une prise en charge correcte de l’enfant après trois mois d’encadrement, une décision aujourd’hui remise en cause.
Quel est le verdict attendu ?
Le procès se poursuit, et Mohammed Taoussi encourt une peine pour meurtre, coups et blessures volontaires, et privation de soins.