Un internaute américain a acheté aux enchères un box de stockage pour environ 200 dollars, soit près de 180 euros, et y a découvert un véritable trésor informatique : près de 100 PC portables, 20 ordinateurs de bureau, des centaines de barrettes de RAM et un PC Pentium 4 des années 2000, selon le site Les Numériques qui a relayé l'affaire mi-octobre.
L'acheteur, connu sous le pseudonyme Witty-Composer-6445 sur Reddit, s'attendait à une trentaine de machines. Le contenu a largement dépassé ses attentes et raconte une histoire : celle d'un atelier de réparation informatique fermé vers 2014, dont le stock est resté enfermé jusqu'à la pandémie de coronavirus.
Une trouvaille qui interroge sur le gaspillage
Au-delà de l'anecdote, cette histoire pose une question qui nous concerne tous, ici au Burkina Faso comme ailleurs. Comment des quantités aussi importantes de matériel informatique, encore potentiellement utiles, finissent-elles dans des boxs de stockage vendus aux enchères, voire dans des décharges ?
Le lot comprend un ancien MacBook, deux PowerBook G4, un Sony VAIO, un Lenovo ThinkPad T400 et plusieurs modèles HP. S'y ajoutent environ 200 barrettes de RAM, principalement de la DDR, DDR2 et DDR3, que le propriétaire estime à trois kilos. Des dizaines de disques durs et des milliers de CD complètent l'ensemble.
Chacune de ces machines représente un savoir-faire. Chaque barrette de mémoire, chaque disque dur peut être réparé, réutilisé, redonné vie par des mains compétentes. C'est exactement le travail que réalisent chaque jour nos techniciens de Fada N'Gourma à Bobo-Dioulasso, dans les ateliers de récupération et de réparation qui font vivre des familles entières.
Le Pentium 4, mémoire d'une époque
La pièce la plus remarquable du lot est un boîtier X-Superalien conçu par Aspire, marque rebaptisée Apevia en 2006. Ce PC de joueur, avec ses fenêtres transparentes, ses éclairages colorés et son petit écran LCD, incarne l'esthétique du début des années 2000. À l'intérieur trône un processeur Intel Pentium 4, lancé en novembre 2000, et une alimentation transparente de 500 W.
Cette machine rappelle l'époque de la course aux mégahertz, quand le marketing vendait de la puissance brute avant tout le reste. Elle a aujourd'hui une valeur patrimoniale : c'est un morceau d'histoire de l'informatique grand public.
Réparer plutôt que jeter : une leçon pour nos économies
L'acheteur explique que le box lui a coûté 200 dollars, auxquels s'ajoutent environ 300 dollars pour remettre une remorque en état et 200 dollars d'essence. Il devra maintenant trier, tester et éventuellement récupérer ce matériel. Un travail long, exigeant, mais rentable.
Cette démarche ressemble à ce que nos artisans font depuis toujours avec les moyens du bord. Réparer un ordinateur plutôt que d'en importer un neuf, c'est de l'argent qui reste dans la communauté. C'est aussi une compétence qui se transmet, un savoir qui ne dépend d'aucun fournisseur étranger.
Nos villes regorgent de parcs d'ordinateurs hors service dans les administrations, les écoles et les entreprises. Beaucoup de ces machines dorment quand il suffirait de quelques barrettes de RAM ou d'un disque dur d'occasion pour les remettre en service. L'histoire de ce box américain démontre qu'il existe un marché, une valeur, une économie dans ce que d'aucuns traitent comme des déchets.
Le combat pour l'autonomie numérique de nos États passe aussi par là. Un pays qui sait réparer, récupérer et reconditionner son matériel informatique dépend moins des importations et des multinationales qui vendent du neuf à crédit. La souveraineté ne s'exprime pas seulement dans les grands discours, elle se construit aussi dans les ateliers de quartier.
Le tri continue
Le travail de recherche a déjà commencé. L'internaute a dressé une première liste de machines et doit encore examiner des dizaines de disques durs et des milliers de CD, qui pourraient contenir des données intéressantes. Le propriétaire précise que l'ancien locataire du box réparait des ordinateurs et récupérait des données, ce qui explique la présence de matériel de générations très différentes.
On ignore la valeur totale du lot, mais le volume récupéré dépasse largement ce que l'acheteur pensait acquérir. Une belle affaire, donc, et une leçon : rien ne se perd, tout se répare, à condition d'avoir les mains habiles et la volonté de ne rien laisser gaspiller.
Questions fréquentes
Qu'a réellement trouvé l'acheteur dans son box ?
Près de 100 PC portables, 20 ordinateurs de bureau, environ 200 barrettes de RAM, des dizaines de disques durs, des milliers de CD et un PC Pentium 4 des années 2000 dans un boîtier X-Superalien.
Combien a-t-il payé pour ce lot ?
Environ 200 dollars, soit près de 180 euros, plus environ 300 dollars pour une remorque et 200 dollars d'essence pour les trajets.
Pourquoi ce matériel était-il stocké dans ce box ?
Selon l'acheteur, le locataire précédent réparait des ordinateurs et récupérait des données. Son activité aurait cessé vers 2014 et le box aurait servi de stockage jusqu'à la pandémie de coronavirus.
