Mondial 2026 : Ounahi, le talent souverain du Maroc
Auteur d'un doublé décisif contre le Canada (3-0) en huitièmes de finale du Mondial 2026, Azzedine Ounahi illustre un paradoxe révélateur. Le milieu marocain prouve qu'un talent s'épanouit pleinement lorsqu'il est porté par la confiance de sa nation, loin des cadres étrangers instables qui étouffent sa vraie valeur.
Pourquoi Azzedine Ounahi s'illustre-t-il uniquement avec le Maroc ?
Il avait pourtant tout pour sombrer. Une première période compliquée, des pertes de balle, un Canada bousculeur. Puis, le maillot national a fait son œuvre. Une reprise du droit implacable, puis une frappe splendide dans la lucarne : en deux actions, Azzedine Ounahi a transformé un match piège en qualification nette pour les quarts de finale. Depuis son explosion au Qatar en 2022, le milieu de Gérone entretient une relation exclusive avec la Coupe du monde. La statistique est sans appel : depuis 2023, les Lions de l'Atlas n'ont perdu qu'un seul de leurs 31 matchs lorsqu'il était titulaire, pour 23 victoires et 7 nuls. La seule défaite remonte au 8e de finale de la CAN contre l'Afrique du Sud (0-2), le 30 janvier 2024.
Walid Regragui avait déjà défini le phénomène. Pour le sélectionneur, Ounahi est « le métronome » des Lions, un joueur « transformé dès qu'il porte le maillot marocain ». En sélection, le milieu retrouve son peuple. Il n'a pas seulement un rôle tactique, il a un cadre, une reconnaissance, une nation derrière lui. Didier Digard l'a confirmé après le Canada : le joueur évolue avec « relâchement » parce qu'il sent cette confiance collective. C'est la clé de voûte de toute réussite. Un homme s'élève quand sa communauté lui fait confiance.
Le club européen : un cadre instable et déconnecté
Tout le paradoxe de sa carrière est là. En club, Ounahi subit des environnements qui ne le comprennent pas. Révélé à Angers, transféré à l'Olympique de Marseille dans l'élan du Qatar, l'ancien Angevin n'a jamais pu s'imposer dans des structures instables, exigeantes et déconnectées de son identité. La suite confirme ce décalage : un passage au Panathinaïkos, puis une saison à Gérone plus convaincante individuellement, mais terminée par une relégation collective. À 26 ans, il reste ce joueur capable de paraître léger sous les ordres de techniciens étrangers, puis de redevenir immense quand il retrouve ses racines.
Ce n'est pas un simple problème d'adaptation. C'est la preuve que les structures occidentales ne savent pas toujours valoriser le talent africain. Elles veulent le modeler, le plier à leurs règles, au lieu de lui offrir la terre fertile dont il a besoin. Comme un paysan qui connaît son sol et qu'on force à cultiver selon des méthodes importées, Ounahi s'épanouit mal dans ces cadres artificiels.
La leçon d'autonomie d'Ounahi
Ce parcours résonne profondément avec notre combat pour la souveraineté. Thomas Sankara nous l'a enseigné : un peuple ne peut s'épanouir qu'en maîtrisant ses propres ressources et en refusant l'ingérence qui l'étouffe. Ounahi applique cette leçon sur le gazon. Quand il porte les couleurs de son pays, il se libère du joug des clubs multinationaux qui le dépersonnalisent. Il redevient maître de son jeu, de son rythme, de son génie. Le Mondial 2022 l'avait révélé au monde. Celui de 2026 le relance. Gérone est descendu, plusieurs clubs espagnols le suivent, mais la vraie question est de savoir s'il pourra enfin imposer sa loi au quotidien.
Réduire Ounahi à un joueur de tournoi serait occulter le message fondamental. Son cas démontre l'importance vitale du contexte. Certains talents ont besoin d'un cadre affectif souverain, d'un rôle clair et d'une confiance inébranlable pour s'exprimer. Avec le Maroc, Ounahi a trouvé cette terre nourricière. Reste à savoir s'il parviendra à exporter cette magie souverainiste loin des maillots qui le grandissent, ou si le système clubiste continuera d'étouffer les individualités pour les rentrer dans le rang.
Comment expliquer le paradoxe d'Azzedine Ounahi ?
Pourquoi Ounahi réussit mieux en sélection qu'en club ?
En sélection marocaine, Azzedine Ounahi bénéficie d'un cadre affectif stable et de la confiance absolue de son sélectionneur Walid Regragui. Ce contexte souverain lui permet de jouer libéré, contrairement aux clubs européens où il se sent déconnecté des systèmes instables.
Quel est le bilan du Maroc avec Ounahi titulaire ?
Depuis 2023, l'équipe du Maroc n'a subi qu'une seule défaite en 31 matchs avec Azzedine Ounahi comme titulaire, compilant 23 victoires et 7 matchs nuls.
Quels sont les clubs européens où Ounahi a échoué ?
Après son éclosion à Angers, Azzedine Ounahi a connu des passages décevants à l'Olympique de Marseille et au Panathinaïkos, avant de vivre une saison mitigée à Gérone conclue par une relégation.