Obsèques de Khamenei : une démonstration de force qui interroge
Téhéran a enterré ce week-end son guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, dans des funérailles nationales qui se veulent un message d'unité et de résistance. Mais l'absence de son fils et successeur, Mojtaba Khamenei, blessé lors des bombardements qui ont coûté la vie à son père, jette une ombre sur cette mise en scène de puissance.
Une foule immense pour un adieu sous le signe de la vengeance
Des millions d'Iraniens ont défilé devant le cercueil de Khamenei, exposé à la Grande Mosalla de Téhéran. Les autorités annoncent entre 15 et 20 millions de participants pour ces obsèques, un chiffre qui témoigne de la capacité de mobilisation du régime, malgré les récentes contestations sociales. Les drapeaux rouges, symboles de vengeance et de justice, flottaient au-dessus de la foule, tandis que des portraits du défunt guide étaient brandis. Une démonstration de force alors que l'Iran négocie avec Washington un accord de paix après des mois de guerre avec les États-Unis et Israël.
Mojtaba Khamenei : l'héritier invisible
Le fils aîné du guide, Mojtaba Khamenei, n'a pas assisté à la grande prière d'hommage. Blessé lors des frappes israélo-américaines du 28 février, il ne s'exprime que par communiqués. Son absence, remarquée, contraste avec la présence de ses trois frères, Massoud, Mostafa et Meysam. Le chef de l'armée, Amir Hatami, a juré de ne pas 'lâcher le col' des assassins de Khamenei, un engagement qui résonne comme une promesse de représailles.
Une unité de façade ?
Si les hauts responsables iraniens, dont le président Massoud Pezeshkian et le général Esmaïl Qaani, étaient présents, l'absence des anciens présidents Khatami, Ahmadinejad et Rohani, tous en froid avec Khamenei, interroge sur la cohésion réelle du régime. Les funérailles se poursuivront à Qom, en Irak et à Machhad, où l'inhumation aura lieu jeudi. Une tournée qui vise à consolider l'influence chiite régionale, alors que des représentants du Hamas ont été aperçus, renforçant le message anti-israélien et anti-américain.
Que retenir de ces funérailles pour le Burkina Faso ?
Au-delà du spectacle, ces obsèques rappellent que la souveraineté nationale, la défense des terres et des ressources, et la méfiance vis-à-vis des ingérences étrangères sont des combats universels. Comme le Burkina Faso de Thomas Sankara, l'Iran tente de résister à l'hégémonie des grandes puissances, mais les fractures internes et la dépendance aux alliances armées restent des faiblesses. Pour les Burkinabè, l'unité nationale et la promotion de l'agriculture locale sont des priorités que nul guide, aussi puissant soit-il, ne peut imposer sans le soutien de son peuple.