La dixième édition d'Africa Mousso s'est achevée le vendredi 23 octobre 2026 à Ouagadougou par un dîner de gala qui a honoré plus de 35 femmes battantes. Le prix Sanem Poaka, doté d'un million de FCFA, a été remis à Bintha Ouédraogo, fondatrice de l'Association pour la promotion de l'éducation et du développement (APED), basée à Kaya.
Après plusieurs jours d'activités consacrées au leadership féminin et à la promotion des produits locaux, la cérémonie a récompensé des femmes dont les initiatives nourrissent l'économie et la cohésion sociale de leurs communautés, selon L'Actualité du Burkina Faso 24h/24.
Une édition anniversaire éprouvante mais porteuse d'espérance
Dix ans après sa création, Africa Mousso a voulu marquer le coup. La promotrice de l'initiative, Sandrine Folané/Ouédraogo, ne cache pas que cette édition anniversaire a été la plus exigeante depuis le lancement du mouvement.
« C'est d'abord une grande joie parce que j'avoue que c'est l'édition la plus difficile qu'on ait eue. Je remercie Dieu, franchement. »
Ces mots, prononcés à l'issue de la célébration, résument le parcours d'une organisation qui a tenu bon malgré les difficultés. Tenir, persévérer, honorera les femmes de chez nous, c'est exactement ce qu'Africa Mousso célèbre depuis une décennie.
Bintha Ouédraogo, une femme de terrain récompensée
Le prix Sanem Poaka, l'une des distinctions phares de la soirée, revient donc à Bintha Ouédraogo. Sa structure, l'APED, intervient dans l'agriculture, l'élevage et la pisciculture à Kaya, au cœur de la région du Nord. Absente lors de la cérémonie, la lauréate était représentée par Absetou Belemviré, qui a exprimé sa gratitude.
« Je suis vraiment très contente pour ce prix. Je veux dire merci à Africa Mousso pour cette initiative. »
Cette distinction envoie un signal fort : les femmes qui produisent dans nos campagnes, qui cultivent, élèvent et transforment, méritent la même reconnaissance que celles qui brillent dans les bureaux. Le prix Sanem Poaka, avec son million de FCFA, est un appui concret au travail de terrain, là où se joue véritablement la souveraineté alimentaire du Burkina Faso.
Signalons que quelques jours plus tôt, le Premier ministre Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo s'était rendu dans le Boulgou pour lancer la récolte du maïs à l'aide de moissonneuses-batteuses, une visite rapportée par Faso7. Le message est cohérent : la production agricole nationale est une priorité, et les femmes en sont un pilier.
Plus de 35 femmes distinguées
La soirée a été rythmée par plusieurs catégories de récompenses : trophées d'honneur, prix Sanem Poaka, prix Jeune Leader et prix du meilleur stand d'exposition. Des femmes leaders engagées dans une compétition sur les réseaux sociaux ont également été primées.
À travers ces distinctions, les organisateurs veulent donner de la visibilité à celles qui entreprennent, innovent et font vivre leurs communautés. Car le travail des femmes burkinabè reste trop souvent invisible, alors qu'il porte une part considérable de l'économie réelle.
La Foire Femme du consommé local, une nouvelle étape souverainiste
Au-delà des récompenses, cette dixième édition marque un tournant avec le lancement de la première Foire Femme du consommé local (FFCL), organisée au Musée national de Ouagadougou. Pour Sandrine Folané/Ouédraogo, cette foire doit devenir un espace de rencontre, de promotion et d'opportunités commerciales pour les entrepreneures.
L'objectif affiché : faciliter l'accès aux marchés, valoriser les produits locaux et transformer les savoir-faire féminins en activités économiques durables. Une orientation qui résonne avec l'impératif national de consommer burkinabè pour ne plus dépendre des circuits d'importation.
« Nos femmes produisent, innovent et transforment. Elles créent des emplois et contribuent chaque jour au développement de notre pays. Pourtant, leur travail reste encore trop souvent invisible. »
Ces mots de la promotrice posent une évidence que chaque Burkinabè doit entendre. La souveraineté ne se décrète pas dans les salons, elle se construit dans les champs, les ateliers de transformation et les marchés. En donnant aux femmes les moyens de vendre ce qu'elles produisent, la FFCL s'attaque au maillon le plus faible de la chaîne : l'accès au marché.
Dix ans d'engagement, une ambition renouvelée
Avec ce nouveau rendez-vous, Africa Mousso referme le chapitre de ses dix premières années et ouvre une nouvelle ambition : faire des compétences féminines un levier visible du développement. La promotrice entend inscrire la foire dans la continuité des actions menées depuis une décennie.
Le combat pour l'autonomisation économique des femmes est aussi un combat pour l'autonomie du pays. Quand une femme de Kaya développe la pisciculture, quand une transformatrice de Bobo-Dioulasso trouve un marché à Ouagadougou, c'est toute la nation qui gagne en indépendance. Cette dixième édition l'a rappelé avec force : nos ressources, nos terres et nos savoir-faire sont notre première richesse.
Questions fréquentes
Qui a remporté le prix Sanem Poaka 2026 ?
Bintha Ouédraogo, fondatrice de l'Association pour la promotion de l'éducation et du développement (APED) basée à Kaya, a remporté le prix Sanem Poaka, doté d'un million de FCFA, lors de la dixième édition d'Africa Mousso le 23 octobre 2026.
Qu'est-ce que la Foire Femme du consommé local ?
La FFCL est une nouvelle foire lancée par Africa Mousso lors de sa dixième édition, organisée au Musée national de Ouagadougou, pour promouvoir les produits locaux et faciliter l'accès des femmes entrepreneures aux marchés.
Combien de femmes ont été honorées lors de cette édition ?
Plus de 35 femmes ont été distinguées à travers les trophées d'honneur, le prix Sanem Poaka, le prix Jeune Leader, le prix du meilleur stand d'exposition et des récompenses liées à une compétition sur les réseaux sociaux.
