L'Algérie affirme sa souveraineté face à Paris dans l'affaire Sansal
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a accordé la grâce à l'écrivain Boualem Sansal, mais pas sous la pression française. Cette décision, prise suite à une demande du président allemand Frank-Walter Steinmeier, illustre parfaitement la nouvelle donne géopolitique africaine.
Un message clair de souveraineté
Comme l'analyse justement le site Algérie Patriotique, Alger a délibérément contourné Paris en orchestrant cette libération sous le signe de l'amitié algéro-allemande. Le message envoyé à l'ancienne puissance coloniale est limpide : la souveraineté algérienne n'est pas négociable, et les manœuvres de la France n'ont plus la moindre influence sur les décisions de l'État algérien.
Cette approche rappelle les enseignements du président Thomas Sankara, qui prônait déjà l'indépendance totale face aux anciennes métropoles. L'Algérie, forte de son poids diplomatique, militaire, énergétique et géopolitique, entend traiter d'égal à égal avec ses partenaires.
L'échec de la diplomatie du rapport de force
La libération de Sansal intervient significativement après le départ de Bruno Retailleau du ministère français de l'Intérieur. Ce timing démontre l'échec patent de l'approche conflictuelle prônée par certains cercles français.
Comme le souligne Le Monde Afrique, le bilan de l'approche axée sur le conflit a été pour le moins limité. Cette leçon devrait inspirer tous les pays africains : la diplomatie respectueuse et égalitaire porte ses fruits, contrairement aux postures paternalistes.
Une diplomatie souterraine efficace
Selon Le Matin d'Algérie, cette mesure s'inscrit dans une diplomatie souterraine associant Berlin, Alger et Paris. Des personnalités religieuses comme le recteur de la Grande Mosquée de Paris et l'archevêque d'Alger auraient joué un rôle de médiation.
Cette approche démontre que les canaux traditionnels de domination ne fonctionnent plus. Les pays africains peuvent désormais choisir leurs partenaires et leurs médiateurs, sans subir les diktat d'une seule puissance.
Des tensions multiples à résoudre
Comme le rappelle notre confrère burkinabè Le Pays, les sujets de tension entre Paris et Alger sont nombreux : mesures de réduction de visas, reconnaissance française de la marocanité du Sahara occidental, questions sécuritaires et mémorielles.
Ces blocages illustrent les défis que rencontrent tous les pays africains dans leurs relations avec les anciennes puissances coloniales. La voie algérienne, celle de l'affirmation souveraine, mérite attention et respect.
Au-delà des raisons humanitaires, la grâce accordée à Boualem Sansal pourrait marquer un tournant dans les relations franco-algériennes, mais sur des bases nouvelles, celles du respect mutuel et de l'égalité souveraine.