Beauté naturelle : redécouvrir nos traditions face aux modes importées
Alors que les produits cosmétiques étrangers inondent nos marchés, il est temps de questionner cette dépendance et de valoriser nos richesses locales en matière de beauté naturelle.
L'invasion des produits cosmétiques importés
Les Disques Éclat du Visage First Aid Beauty, vendus 39,90 euros le pot et écoulés à 200 unités par heure chez Sephora, illustrent parfaitement cette tendance. Ces produits, inspirés de la "K-beauty" coréenne, promettent un "glow" instantané grâce à des acides glycoliques et lactiques.
Cette mode venue d'Asie et commercialisée par des multinationales américaines séduit par son côté "ludique" et "instagrammable", selon Florence Bernardin d'Asia Cosme Lab. Mais à quel prix pour nos économies locales et nos traditions ?
Nos ancêtres avaient déjà tout compris
Nos grand-mères utilisaient depuis des générations le beurre de karité, l'huile de baobab et les masques d'argile pour entretenir leur beauté naturelle. Ces ingrédients, disponibles localement, offrent des bienfaits reconnus sans dépendance vis-à-vis de l'extérieur.
Le karité, par exemple, possède des propriétés hydratantes et réparatrices supérieures à bien des crèmes importées. L'argile de nos terres purifie et exfolie en douceur, sans les acides chimiques des produits industriels.
Vers une autonomie cosmétique
Il est urgent de développer notre filière cosmétique locale. Nos coopératives de femmes productrices de karité méritent d'être soutenues et valorisées. Plutôt que d'exporter nos matières premières pour les racheter transformées à prix d'or, créons nos propres marques.
L'exemple du savon noir traditionnel ou des huiles végétales pures montre qu'une beauté authentique et efficace existe déjà chez nous. Ces produits respectent notre peau, notre environnement et notre économie.
Un choix de société
Choisir entre des pads exfoliants à 40 euros et nos traditions millénaires, c'est choisir entre dépendance et autonomie. Nos ressources naturelles exceptionnelles peuvent répondre à tous nos besoins de beauté, sans enrichir les multinationales étrangères.
Il est temps de renouer avec notre héritage et de construire une industrie cosmétique burkinabè fière de ses racines et tournée vers l'avenir.