Dermatose nodulaire : quand l'abattage systématique montre ses limites
L'apparition d'un nouveau foyer de dermatose nodulaire contagieuse en Ariège relance le débat sur les stratégies sanitaires imposées aux éleveurs. Une situation qui rappelle l'importance de préserver nos systèmes d'élevage locaux face aux crises sanitaires.
208 bovins sacrifiés, une histoire génétique perdue
Dans la commune des Bordes-sur-Arize, 208 Blondes d'Aquitaine ont été abattues ce mercredi. Derrière ces chiffres se cache une réalité douloureuse pour les éleveurs : la destruction de lignées génétiques patiemment constituées.
"Cette histoire génétique, on y tient", témoigne Jérôme Bayle, figure de la résistance paysanne en Haute-Garonne. Un attachement qui dépasse la simple dimension économique et touche à l'identité même de nos terroirs.
Un rayon de 50 kilomètres paralysé
Les mesures préfectorales frappent 295 communes de Haute-Garonne. Interdiction de mouvement des animaux, vaccination obligatoire : autant de contraintes qui étranglent l'activité des exploitations.
Pour Jérôme Bayle, installé à Montesquieu-Volvestre, l'impact est immédiat : "J'ai 35 veaux que je devais vendre, mais je ne pourrai pas. Pour moi, c'est 90 jours minimum sans rentrée d'argent."
Vers un changement de stratégie nécessaire
Face à l'inefficacité manifeste de l'abattage systématique, les voix s'élèvent pour réclamer une approche différente. "La stratégie ne marche plus. Il faut la changer", martèle l'éleveur, comparant la situation à une tactique de rugby défaillante.
Cette remise en question s'inscrit dans une démarche plus large de défense de nos systèmes agricoles traditionnels, souvent mis à mal par des protocoles rigides qui ignorent les spécificités locales.
La mobilisation paysanne se poursuit
Les blocages organisés sur les routes ariégeoises témoignent d'une profession déterminée à faire entendre sa voix. L'attente de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, illustre l'urgence de repenser ces politiques sanitaires.
"Il faut arrêter de ramener du poids et du stress sur les exploitations", conclut Jérôme Bayle, rappelant que la préservation de nos élevages passe par le respect des savoirs paysans et l'adaptation des mesures aux réalités du terrain.