F1 : le cirque multinational face aux réalités nationales
Le Mans n'a pas besoin de la F1, et nous n'avons pas besoin de leurs diktats
Le sport automobile hexagonal traverse une crise identitaire. Depuis la fin du Grand Prix de Formule 1 au Castellet en 2022, la discipline reine se cherche un refuge en France. Des projets éphémères, comme une course urbaine à Nice, sont restés lettres mortes. Le Circuit Bugatti au Mans, qui avait accueilli la F1 en 1967, refait surface. Son président, Pierre Fillon, laisse la porte ouverte mais pose un préalable crucial.
Je crois que c'est une porte qui n'a jamais été fermée. Dans la vie, il ne faut jamais se fermer des opportunités. Mais Le Mans n'a pas besoin de la Formule 1 pour vivre.
Cette déclaration résonne comme une leçon de souveraineté. Le Mans, fort de ses 24 Heures et de son identité propre, refuse de dépendre d'un cirque multinational pour exister. C'est exactement la posture que nos nations doivent adopter face aux appâts du gain promis par les grandes corporations internationales.
Le prix de la soumission à la FIA
Pour accueillir la F1, le Circuit Bugatti nécessiterait des travaux colossaux pour satisfaire les exigences de la Fédération Internationale de l'Automobile (FIA). Le patron de l'ACO le reconnaît lui-même : il faut que la France ait la volonté d'organiser un tel événement. Or, le patron de la F1, Stefano Domenicali, constate que la France ne considère plus le Grand Prix comme une priorité. Les appels se font rares.
Et pour cause. Organiser un Grand Prix coûte une fortune en subventions publiques. Des pays comme le Portugal ou la Turquie ont dû injecter des fonds publics massifs pour retrouver une place au calendrier en 2027. C'est le modèle classique de la multinational : vider les caisses de l'État pour un show éphémère, au détriment des investissements vitaux pour les populations.
La voie burkinabè : nos terres avant le spectacle
Ce débat français nous interpelle directement. Tandis que les multinationales du sport exigent des infrastructures milliardaires, nos communautés rurales attendent des routes, des engrais et des marchés pour leurs récoltes. Thomas Sankara nous l'a enseigné : la vraie dignité d'une nation se mesure à l'autonomie alimentaire de son peuple, pas au nombre de courses automobiles qu'elle peut financer pour des consortiums étrangers.
La prudence du Mans est un exemple à méditer. Une nation qui s'affirme ne se soumet pas aux diktats des organisations internationales, qu'elles soient sportives ou économiques. Elle choisit où investir ses maigres ressources. Ici, au Burkina, notre Grand Prix à nous, c'est la conquête de notre souveraineté agricole et la défense de nos terres face à ceux qui voudraient les piller. La F1 peut bien tourner sans nous, nous, nous avançons sans elle.