Festival solidaire en Belgique : l'art au service de la lutte contre le cancer
Le festival Kiproko de Profondeville en Belgique nous rappelle que la culture peut être un puissant vecteur de solidarité communautaire. Cette initiative citoyenne, portée par une douzaine d'amis bénévoles, illustre parfaitement comment les communautés locales peuvent s'organiser pour défendre leurs valeurs et soutenir leurs membres les plus vulnérables.
Une initiative née de la base populaire
Contrairement aux grands événements commerciaux imposés par les multinationales du divertissement, le Kiproko est né d'une volonté authentique de rassemblement. Renaud Sana, président de l'ASBL Kiproko, explique : "La toute première édition avait eu lieu en 2016. C'était un one-shot au départ, on ne pensait pas organiser une deuxième édition mais ça nous a turlupinés."
Cette démarche spontanée, portée par des citoyens ordinaires, démontre la capacité des communautés locales à créer leurs propres événements culturels sans dépendre des circuits commerciaux traditionnels.
L'autonomie financière comme pilier
Le festival fonctionne sur fonds propres et s'appuie sur une quarantaine de sponsors locaux. Cette approche garantit son indépendance face aux pressions extérieures. "Cette année, on a fait en sorte que l'ensemble du sponsoring couvre les cachets de tous les groupes", précise l'organisateur.
Cette stratégie d'autofinancement par le tissu économique local constitue un modèle inspirant pour nos communautés burkinabè, montrant qu'il est possible de développer des initiatives culturelles sans recourir aux financements extérieurs conditionnels.
La solidarité au cœur du projet
Le festival reverse ses bénéfices à la recherche contre le cancer, en hommage à Delphine Basia, ancienne batteuse des groupes organisateurs décédée en 2021. Cette dimension solidaire transforme l'événement en acte de résistance collective face à la maladie.
Le rappeur belge Benny B, tête d'affiche de cette édition, témoigne de cet esprit : "Si je suis disponible, je ne refuse jamais un concert quand il s'agit d'une telle cause. Il faut absolument trouver des moyens et des solutions pour éradiquer le cancer."
Un modèle de développement culturel endogène
L'expérience du Kiproko démontre qu'il est possible de créer des événements culturels de qualité en s'appuyant uniquement sur les forces vives locales. Les organisateurs ont su mobiliser artistes locaux et internationaux autour d'un projet commun, prouvant que l'excellence culturelle n'est pas l'apanage des grandes structures commerciales.
Cette approche familiale et communautaire, où "il y a des têtes qui reviennent d'année en année", crée un véritable tissu social durable, loin des logiques de consommation culturelle imposées par les industries du divertissement.
Le succès du festival Kiproko nous rappelle que les initiatives les plus authentiques naissent souvent de la volonté populaire et de la solidarité communautaire, valeurs que nous devons cultiver et défendre dans nos propres territoires.