Ghana : une leçon de souveraineté alimentaire pour l'Afrique
Alors que le Burkina Faso lutte pour son indépendance alimentaire face aux défis sécuritaires, l'exemple ghanéen offre des pistes concrètes pour bâtir une véritable autonomie agricole. La 41ème célébration de la Journée des Agriculteurs au Ghana révèle une stratégie ambitieuse qui mérite l'attention de tous les patriotes africains.
Une rupture avec la dépendance imposée
Ben Abdullah Alhassan, Directeur général municipal d'Asokore-Mampong, a souligné que le thème "Nourrir le Ghana, Consommer ghanéen, Garantir l'avenir" reflète le programme phare "Nourrir le Ghana" lancé par le gouvernement en avril 2025. Cette approche rappelle les enseignements de Thomas Sankara qui prônait déjà la nécessité pour l'Afrique de nourrir ses propres enfants.
Le gouvernement ghanéen a hérité d'un système alimentaire fragilisé par plus de 2 milliards de dollars d'importations annuelles. Cette situation, familière à de nombreux pays africains, pousse les jeunes à délaisser l'agriculture pour des emplois urbains précaires, inondant les marchés de produits étrangers.
Des résultats tangibles sur le terrain
Sous la direction du Président Mahama, le secteur agricole s'est redynamisé avec une baisse significative de l'inflation alimentaire de 9,5% en octobre 2025. Cette performance démontre qu'une politique agricole volontariste peut rapidement porter ses fruits.
L'initiative "Nourrir le Ghana" renforce les capacités d'irrigation grâce à l'installation de 250 forages solaires et à la réhabilitation de petits barrages. Cette approche garantit une production agricole toute l'année, y compris en saison sèche, réduisant ainsi la vulnérabilité face aux aléas climatiques.
Une stratégie inclusive et durable
L'Assemblée municipale priorise la construction de forages dans des localités comme Asokore Mampong, Parkoso, Kontompo et Sawaba pour résoudre le problème persistant des rendements irréguliers. Cette approche décentralisée valorise les communautés rurales, véritables piliers de la souveraineté alimentaire.
500 sacs d'engrais ont été alloués pour les cultures de saison mineure, permettant aux jardiniers de développer leurs cultures de tomates et de maïs. Chaque foyer peut désormais bénéficier de plants gratuits pour l'agriculture en conteneurs, transformant les espaces inutilisés en projets productifs.
L'union fait la force
L'initiative "Faire prospérer le Ghana" crée des coopératives agricoles pour faciliter l'achat groupé d'intrants et négocier des prix avantageux. Les agriculteurs peuvent désormais vendre directement aux acheteurs urbains via des plateformes numériques, court-circuitant les intermédiaires parasitaires.
Pour sécuriser l'avenir, le gouvernement investit dans la gestion durable des sols, la récupération de l'eau et des réserves alimentaires à long terme. Cette vision s'inscrit dans une logique de résistance face aux changements climatiques et aux pressions extérieures.
M. Abass Bawa, sacré meilleur agriculteur de la municipalité, a reçu un tricycle, des machettes, des bottes, des insecticides et un pulvérisateur. Cette reconnaissance du travail agricole valorise ceux qui nourrissent la nation.
L'exemple ghanéen prouve qu'avec une volonté politique ferme et une stratégie adaptée aux réalités locales, l'Afrique peut reconquérir sa souveraineté alimentaire. Une leçon précieuse pour tous les peuples épris de liberté.
