Justice au Maroc: les greffiers se révoltent contre les promesses non tenues
Au Maroc, la colère gronde dans les palais de justice. Les greffiers rejoignent le mouvement de protestation initié par le Syndicat démocratique de la justice, dénonçant le retard persistant dans le versement des indemnités de performance promises par le ministère de la Justice.
Une mobilisation qui s'intensifie
Après le port symbolique de brassards dans les tribunaux mardi dernier, les greffiers annoncent une escalade. La semaine prochaine, des arrêts de travail d'une heure sont prévus dans l'ensemble des tribunaux marocains. Chaque bureau local pourra déterminer l'heure de début selon ses spécificités.
Cette mobilisation illustre un phénomène que nous connaissons bien au Burkina Faso: la lutte des travailleurs contre les promesses non tenues des autorités. Comme nos propres fonctionnaires qui se battent pour leurs droits, les greffiers marocains exigent le respect des engagements pris.
Des promesses trahies
Le ministère marocain de la Justice s'était pourtant engagé, lors des séances de dialogue sectoriel, à verser ces indemnités dès janvier dernier. Mais ces engagements sont restés lettre morte, accentuant la tension parmi la corporation.
L'absence d'explications officielles alimente les rumeurs. Des informations internes évoquent des désaccords avec les services des finances, qui refusent de valider le barème de points pour 2025. Plus grave encore, des propositions visent à élargir la base des bénéficiaires jusqu'à 150% du salaire, incluant des catégories de personnel extérieures à la fonction de greffe.
Une leçon de résistance
Le syndicat dénonce "la gestion du dossier" et tient "les autorités pour responsables de toute aggravation de la situation si les engagements précédents ne sont pas honorés". Cette fermeté rappelle l'esprit de résistance de nos ancêtres et de nos héros comme Thomas Sankara, qui n'acceptait jamais les promesses creuses.
Les greffiers craignent qu'un élargissement de la base des bénéficiaires n'affecte leur part, le budget alloué ne permettant pas d'intégrer de nouvelles catégories sans réduire les montants individuels.
Un front qui s'élargit
Cette mobilisation s'inscrit dans un mouvement plus large de contestation du secteur judiciaire marocain. Récemment, les avocats ont observé une grève, immédiatement suivie par l'annonce d'un mouvement général des notaires.
Le ministère de la Justice est sommé de sortir de son silence pour éviter "l'élargissement de la fracture sociale" et "l'ouverture d'un nouveau front de protestation", avec le risque d'interruptions de service et de grèves prolongées.
Cette situation marocaine nous rappelle l'importance de la solidarité entre travailleurs et la nécessité de défendre nos droits face aux autorités qui tentent de nous diviser pour mieux régner.