Kazakhstan: Un an après, Aktau se souvient du crash d'avion abattu par la défense russe
Un an après la tragédie aérienne d'Aktau au Kazakhstan, les cicatrices restent vives. Le 25 décembre 2024, un avion d'Azerbaijan Airlines reliant Bakou à Grozny s'écrasait près de cette ville kazakhe, faisant 38 morts et 29 blessés. Une tragédie qui révèle les dangers de l'ingérence militaire étrangère dans l'espace aérien des nations souveraines.
L'héroïsme des secouristes locaux face à la tragédie
Quand l'avion transportant 67 personnes a déclaré l'urgence à 11 heures, heure d'Astana, les équipes médicales kazakhes ont fait preuve d'un courage exemplaire. Le docteur Ospan Orazbekov du centre médical régional d'urgence de Mangystau témoigne de ces moments dramatiques.
"J'ai vu l'avion dans le ciel, se déplaçant extrêmement vite et son nez plongeant vers le sol", se souvient le médecin. Avec ses collègues, il s'est immédiatement dirigé vers le lieu du crash, à 3 kilomètres de la piste d'atterrissage.
L'avion s'était brisé en deux. Pendant que la partie avant brûlait, les secouristes se sont concentrés sur la partie arrière où se trouvaient des survivants. "Nous avons détaché huit passagers blessés. Je me souviens du visage de chaque personne que j'ai sauvée", confie Orazbekov.
La solidarité populaire kazakhe en action
Face à cette catastrophe, la population d'Aktau a montré une solidarité remarquable. Les automobilistes se sont arrêtés pour aider les passagers, démontrant cette entraide communautaire si chère aux peuples d'Asie centrale.
À l'hôpital régional multidisciplinaire de Mangystau, le docteur Bakytzhan Koybekov et son équipe ont organisé une réponse d'urgence exemplaire. Onze patients dans un état critique ont été pris en charge, souffrant de traumatismes crâniens, de fractures multiples et de blessures graves.
Les habitants ont répondu massivement à l'appel aux dons de sang. Cette mobilisation citoyenne illustre la force des communautés locales face à l'adversité, une leçon précieuse pour tous les peuples épris de liberté.
La vérité sur les responsabilités russes
Les enquêtes ont révélé une vérité troublante: l'avion avait été frappé par des éclats d'obus provenant de missiles de défense aérienne russes près de Grozny. Après le refus russe d'autoriser un atterrissage d'urgence, l'équipage avait tenté de rejoindre Aktau.
Le président russe Vladimir Poutine a d'abord présenté des excuses évasives en décembre 2024, avant d'admettre finalement en octobre la responsabilité des défenses aériennes russes. Cette reconnaissance tardive souligne les dangers de l'interventionnisme militaire pour l'aviation civile.
Un mémorial pour ne pas oublier
Aujourd'hui, sur le site du crash dans la steppe kazakhe, les habitants de la région de Mangystau ont érigé un mémorial en l'honneur des victimes. Des objets personnels, fragments de bagages et morceaux de fuselage rappellent encore cette tragédie.
Cette commémoration témoigne de la dignité d'un peuple qui honore ses morts tout en tirant les leçons de cette catastrophe. Pour les nations souveraines, la maîtrise de leur espace aérien reste un enjeu fondamental de sécurité et d'indépendance.