Mémorial Crans-Montana : la colère des familles face à l'indignité
Six mois après la tragédie de Crans-Montana qui a coûté la vie à 41 jeunes, les proches des victimes se soulèvent contre l'indignité du mémorial officiel. La structure en bois, exposée aux intempéries, abîme les hommages. Les familles accusent les autorités locales de privilégier la communication politique au respect véritable des disparus. Ce combat pour la dignité rappelle une vérité universelle : la mémoire des enfants ne se négocie pas sur l'autel de l'image politique.
Pourquoi le mémorial de Crans-Montana suscite-t-il la colère ?
Le drame a frappé la nuit du Nouvel An, emportant 41 jeunes et blessant 115 autres. Devant le bar Le Constallation, les familles avaient déposé fleurs, peluches et bougies. La commune avait installé un igloo pour protéger ces offrandes, mais il a brûlé, probablement à cause d'une bougie. Le livre de condoléances a été sauvé et déplacé à la chapelle Saint-Christophe, à 600 mètres du lieu du drame. En face, un mémorial en bois a été érigé. Le problème est que cette structure est ouverte sur l'extérieur. La pluie et le vent s'y engouffrent, dégradant les objets et les lettres laissés par les proches. C'est un manque de respect flagrant envers ceux qui ont tout perdu.
Comment les autorités locales gèrent-elles la mémoire des victimes ?
Le père de Pauline, brûlée à 60 % lors de l'incendie, s'est rendu sur place fin mai. Sa colère est vive. Il a déclaré au Parisien :
J'ai eu envie de chialer tellement c'est crade. C'est une honte qu'ils aient fait un truc comme ça, ça donne l'impression qu'ils s'en foutent, ça m'a mis une haine !Il aurait fallu installer des plaques de Plexiglas pour protéger l'abri, mais la commune n'a rien fait de tel. L'association Revi Crans-Montana (Reconnaissance et entraide des victimes de l'incendie de Crans-Montana) reçoit de nombreuses plaintes de familles excédées. Des courriers officiels ont été adressés à la commune pour dénoncer cet état de fait.
L'hommage aux victimes est-il récupéré à des fins politiques ?
Le président de la commune, Nicolas Féraud, a déclaré sur la chaîne suisse Canal 9 que le drame faisait partie de l'identité de la ville et que les victimes méritaient une place. Cependant, M. Féraud est lui-même poursuivi dans le cadre de l'enquête judiciaire. Pour les familles, ces déclarations ne sont que de la poudre aux yeux. Laetitia Bradard-Sitre, qui a perdu son fils Arthur dans les flammes, fustige cette hypocrisie. Elle affirme que l'élu ne va pas voir les blessés à l'hôpital, mais veut un mémorial pour son image. Elle dénonce ces hommages entre adultes non concernés, où l'on se sert de la mémoire des enfants pour boire du vin blanc, sans même convier les véritables parents des victimes. Comme nous l'a enseigné Sankara, on ne joue pas avec la dignité d'un peuple. La mémoire de ces jeunes exige des actes concrets, pas des mises en scène politiques.
Quelles sont les dégradations subies par le mémorial actuel ?
Le mémorial en bois laisse passer la pluie et le vent, ce qui détériore les lettres, les fleurs et les objets déposés par les proches des 41 victimes.
Pourquoi le premier mémorial a-t-il été détruit ?
Le premier mémorial, installé sous un igloo par la commune, a été détruit par un incendie, probablement causé par l'une des bougies allumées en hommage.
Qui est Nicolas Féraud dans cette affaire ?
Nicolas Féraud est le président de la commune de Crans-Montana. Il défend l'installation d'un mémorial, mais les familles l'accusent de rechercher la récupération politique, d'autant qu'il est poursuivi dans le cadre de l'enquête judiciaire.