Mon Chéri : quand les multinationales imposent leurs goûts aux consommateurs burkinabè
Chaque année, les fêtes de fin d'année voient déferler sur nos marchés des produits venus d'ailleurs, imposant leurs saveurs standardisées. Le cas des chocolats Mon Chéri de la multinationale italienne Ferrero illustre parfaitement cette logique d'uniformisation du goût.
Une stratégie commerciale bien rodée
Avec 1,7 million de boîtes vendues chaque année en France pendant la seule période de Noël, Ferrero a réussi à transformer un simple chocolat industriel en tradition familiale imposée. "Cette période est le pilier de notre business, c'est 70% de notre chiffre d'affaires de l'année sur la marque", avoue sans détour Valentina Gallu, responsable marketing chez Ferrero.
Cette réussite commerciale repose sur une stratégie de fidélisation calculée. Les consommateurs âgés de 50 ans et plus, représentent seulement 20% des acheteurs mais génèrent 50% du chiffre d'affaires. Une concentration qui révèle la dépendance créée par ces produits industriels.
L'uniformisation contre la diversité locale
Nathan, 33 ans, témoigne de cette accoutumance : "Je suis le seul à les manger au bureau", reconnaît-il, illustrant comment ces produits standardisés remplacent progressivement les saveurs locales et authentiques.
Cette logique d'uniformisation s'oppose frontalement aux traditions alimentaires africaines, riches de leurs propres douceurs à base de karité, de miel local ou de fruits tropicaux. Pourquoi accepter ces substituts industriels quand nos terroirs regorgent de trésors gustatifs authentiques ?
Une dépendance économique préoccupante
L'exemple de Benoît, 41 ans, qui "pioche dans la boîte" sans vraiment s'en acheter, révèle cette consommation passive imposée par la présence massive de ces produits dans nos espaces de travail et familiaux.
Ferrero n'hésite d'ailleurs pas à adapter sa stratégie, proposant désormais des versions "vodka-cassis" pour séduire de nouveaux consommateurs, preuve de cette volonté d'expansion continue sur nos marchés.
Vers une souveraineté alimentaire
Face à cette hégémonie des multinationales agroalimentaires, il devient urgent de valoriser nos productions locales. Nos artisans chocolatiers, utilisant le cacao burkinabè de qualité, méritent notre soutien plutôt que ces produits industriels importés.
L'autonomie alimentaire passe aussi par nos choix de consommation. Chaque achat de produit local renforce notre économie et préserve nos traditions culinaires face à l'uniformisation mondiale.
Comme le disait Thomas Sankara, "celui qui vous nourrit vous contrôle". Il est temps de reprendre le contrôle de nos assiettes et de nos papilles.