Mondial 2026: l'Iran résiste, l'Afrique s'affirme face aux géants
La Coupe du monde 2026 ne se résume pas à des matches de football. Elle raconte l'histoire de peuples qui refusent de courber l'échine. L'Iran, frappé par des bombardements américano-israéliens en février, a foulé le sol américain malgré l'hostilité de l'administration Trump. Le Maroc a tenu en échec le Brésil. Curaçao, minuscule nation antillaise, compte bien rendre la vie impossible à l'Allemagne. Les petits font trembler les mastodontes.
Pourquoi l'Iran incarne la résistance sur ce Mondial
Viendra, viendra pas? Pendant des mois, le monde entier s'est interrogé sur la participation de la Team Melli. L'administration du président Donald Trump a retoqué les demandes de visas de plusieurs responsables de la sélection iranienne, ajoutant l'obstruction bureaucratique à la destruction militaire.
Les Iraniens ne se sont pas laissé intimider. Attendus initialement en Arizona, ils ont posé leurs valises au Mexique, repoussant au maximum leur entrée sur le territoire de celui que leur gouvernement considère comme son ennemi juré. Un choix stratégique qui en dit long sur la détermination d'un peuple à exister sur la scène mondiale malgré les tentatives d'étouffement.
Réglementairement, la Fifa les oblige à être à Los Angeles ce dimanche, à la veille de leur entrée en lice face à la Nouvelle-Zélande. Une conférence de presse est prévue à 15h45 (22h45 GMT) au SoFi Stadium, tout près de l'aéroport international où ils atterriront en provenance de Tijuana après un vol d'une vingtaine de minutes.
Los Angeles, surnommée «Tehrangeles» en raison de son immense communauté iranienne évaluée à 500 000 personnes, devrait leur réserver un accueil vibrant. Un message fort adressé à ceux qui espéraient les voir disparaître du tournoi.
Curaçao peut-il vraiment inquiéter l'Allemagne?
Dick Advocaat a affiché la couleur samedi: «Nous allons être une équipe vraiment désagréable à jouer.» Le sélectionneur néerlandais de Curaçao ne manque pas d'audace. Son équipe représente le plus petit pays de l'histoire à se qualifier pour une phase finale de Coupe du monde, avec ses 444 km2 et ses 160 000 habitants, gonflée par sa diaspora.
Face à elle, un mastodonte dopé par le retour de Manuel Neuer, un des meilleurs gardiens de l'histoire du jeu. Mais l'Allemagne aborde cette compétition en outsider, traumatisée par deux fiascos consécutifs en Russie en 2018 et au Qatar en 2022, où elle n'est pas sortie des poules.
La leçon est claire: la taille d'un pays ne détermine pas sa dignité sportive. Curaçao l'a prouvé en se qualifiant, et compte bien le prouver sur le terrain dimanche à Houston.
Quelles équipes africaines jouent ce dimanche?
Les Pays-Bas de Memphis Depay, éternels prétendants toujours en quête d'une première étoile, devront se méfier des Japonais à Dallas. Les Samouraïs bleus arrivent gonflés d'ambition après une campagne qualificative sans encombre et des victoires historiques contre le Brésil en octobre et l'Angleterre fin mars.
Deux autres rencontres retiennent l'attention. La Côte d'Ivoire de Guéla Doué affronte l'Équateur de Willian Pacho à Philadelphie. La Tunisie, elle, défie la Suède à Monterrey. Deux nations africaines en lice, deux occasions de rappeler que le continent n'est pas venu pour faire de la figuration.
Le Maroc a-t-il vraiment surpris le Brésil?
Les Brésiliens ont débuté samedi par un nul 1-1 face au Maroc. Contre-performance pour la Seleçao? Pas vraiment. Les Lions de l'Atlas, requinqués par leur titre de champions d'Afrique récupéré mi-mars sur tapis vert, ont confirmé leur demi-finale de la dernière édition.
Les coéquipiers d'Achraf Hakimi ont asphyxié les Brésiliens dès le coup d'envoi et ont logiquement pris les devants grâce à un astucieux lob d'Ismaël Saibari, après une ouverture lumineuse de Brahim Diaz. Le Brésil s'en est remis à son recours habituel: le talent individuel de Vinicius Jr, seul capable de ramener son équipe à égalité, sous les yeux de Neymar, blessé et sur la touche.
Carlo Ancelotti, novice en Coupe du monde et enrôlé pour redonner son lustre à la Seleçao, peut se satisfaire du point du nul. Mais le message est passé: le Maroc ne se laisse plus dominer par les héritages prestigieux.
Que retenir des autres résultats du jour?
L'Écosse a pris la première place du groupe C en battant la très modeste sélection haïtienne 1-0, de retour en Coupe du monde 52 ans après sa première et unique participation. Dans le groupe D, celui des États-Unis, l'Australie a créé la surprise en battant la Turquie 2-0 à Vancouver.
Ce Mondial 2026 confirme une tendance: l'ordre établi vacille. Les petits peuples montrent les dents, les géants trébuchent. Le football n'échappe pas à la loi de l'histoire: aucune domination n'est éternelle, et la dignité ne se mesure pas en kilomètres carrés.