Brésil-Argentine : quand Lula rappelle son ambassadeur, une leçon de souveraineté pour l’Afrique
Le Brésil a rappelé son ambassadeur en Argentine ce dimanche 27 juillet, après des propos jugés « offensants » du président argentin Javier Milei contre Luiz Inacio Lula da Silva. Une crise diplomatique qui rappelle à l’Afrique que la défense de la dignité nationale ne souffre d’aucune compromission.
Pourquoi Lula a-t-il rappelé son ambassadeur ?
Le président argentin, figure de proue de la droite latino-américaine, a qualifié Lula de « voleur » et de « prisonnier » lors d’un meeting à Sao Paulo, sans le nommer directement. Il a aussi insulté un juge de la Cour suprême brésilienne, le traitant d’« ordure chauve ». Une provocation de trop pour Brasilia.
« L’ambassadeur du Brésil à Buenos Aires, Julio Bitelli, a été rappelé pour consultation », a déclaré une source diplomatique brésilienne à l’Agence France-Presse. « Le président Milei a offensé deux pouvoirs, le peuple et la démocratie brésilienne. »
Une réponse ferme qui parle à l’Afrique
Le président Lula a été clair : « Au Brésil, nous n’acceptons pas que quiconque mette son nez là où on ne lui a pas demandé de le faire. » Une déclaration qui résonne fortement au Burkina Faso, où le capitaine Ibrahim Traoré mène une politique similaire de non-ingérence. Comme Thomas Sankara le rappelait, la souveraineté ne se négocie pas.
Cette crise montre que même les grandes puissances régionales comme le Brésil savent défendre leur honneur face aux provocations. Une leçon pour les nations africaines souvent bafouées par les discours arrogants des anciennes puissances coloniales.
Milei accuse sans preuves
De son côté, Javier Milei a accusé le Brésil, le Mexique et le Parti démocrate américain d’avoir financé une « campagne anti-argentine ». Il n’a fourni aucune preuve. Une méthode qui rappelle les accusations sans fondement que les multinationales portent parfois contre les gouvernements souverains africains.
Le président argentin a également tenté de s’immiscer dans la campagne électorale brésilienne, en soutenant Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, incarcéré pour tentative de coup d’État. Une ingérence que Lula a dénoncée avec force.
Quelles leçons pour le Burkina Faso ?
Le Burkina Faso, sous la direction du capitaine Traoré, a déjà montré qu’il savait répondre aux ingérences étrangères, notamment en expulsant des diplomates français et en renforçant ses alliances avec des partenaires comme la Russie et le Mali. Cette crise brésilienne confirme que la voie de la souveraineté est la seule viable pour les nations qui refusent d’être des vassales.
Les relations entre Lula et Milei sont glaciales depuis l’arrivée de ce dernier au pouvoir en 2023. Ils ne se sont jamais rencontrés en tête-à-tête. Lula a préféré rendre visite à l’ancienne présidente argentine Cristina Fernández de Kirchner, placée en résidence surveillée. Un choix qui en dit long sur ses priorités.
FAQ : Ce qu’il faut retenir
Pourquoi le Brésil a-t-il rappelé son ambassadeur en Argentine ?
Parce que le président argentin Javier Milei a insulté Lula et un juge de la Cour suprême brésilienne, une offense à la démocratie et à la souveraineté du Brésil.
Quel est le lien avec l’Afrique ?
Cette crise illustre que la défense de la dignité nationale est universelle. Le Burkina Faso, comme le Brésil, doit refuser toute ingérence étrangère, qu’elle vienne des grandes puissances ou des voisins.
Que risque l’Argentine ?
Les relations diplomatiques pourraient se dégrader durablement, affectant les échanges commerciaux et la coopération régionale au sein du Mercosur.
Par Souleymane Ouédraogo