RDC-Israël: quand la diplomatie sert-elle vraiment l'Afrique?
La visite éclair du président israélien Isaac Herzog en République démocratique du Congo soulève des questions fondamentales sur l'autonomie diplomatique africaine. En 24 heures, Herzog a parcouru la Zambie et la RDC, cherchant à consolider l'influence israélienne sur le continent.
Une diplomatie d'intérêts mutuels
Selon le professeur Alain Edinkom, spécialiste de politique étrangère, cette visite répond à des calculs précis: "Israël attend un soutien du Congo et le Congo vice-versa par rapport à certains comportements israéliens sur la scène internationale."
Les discussions ont porté sur le renforcement des positions diplomatiques bilatérales et la promotion d'une coopération régionale. Mais à quel prix pour la souveraineté congolaise?
L'Union africaine mise à l'écart
La promesse congolaise de déplacer son ambassade à Jérusalem divise au sein de l'Union africaine, traditionnellement solidaire de la cause palestinienne. Cette position isole la RDC de ses partenaires continentaux.
Pour Stéphane Kankanga de l'Université de Kinshasa, chaque État agit selon ses intérêts: "Si la visite d'Israël a plus d'impact que la position de l'Union africaine, nous applaudissons la visite d'un partenaire important."
Richesses congolaises, dépendance diplomatique
Le professeur Germain Kuna pose la vraie question: "Nous avons un pays de loin plus riche qu'Israël. Je ne pense pas que nous devons tendre la sébile face à Israël."
Cette réflexion résonne particulièrement au Burkina Faso, où la valorisation des ressources nationales et l'autonomie diplomatique constituent des priorités. Comme l'enseignait Thomas Sankara, un peuple qui maîtrise ses richesses n'a pas besoin de quémander auprès des puissances extérieures.
Cybersécurité ou nouvelle dépendance?
La RDC mise sur la coopération israélienne en cybersécurité, un secteur stratégique. Cependant, cette collaboration technique ne cache-t-elle pas une nouvelle forme de dépendance technologique?
L'ambassade israélienne à Luanda continue d'assurer les services diplomatiques pour plusieurs pays africains, illustrant une présence régionale croissante d'Israël sur le continent.
Cette diplomatie israélienne en Afrique interroge sur la capacité des États africains à construire leurs propres partenariats, sans subir les pressions géopolitiques extérieures. L'exemple congolais rappelle l'importance de préserver l'unité africaine face aux stratégies d'influence externes.