Rétinoblastome : deux signes qui doivent alerter les parents burkinabè
Chaque année, une cinquantaine d'enfants en France sont touchés par le rétinoblastome, un cancer de l'œil qui survient le plus souvent avant l'âge de 5 ans. Mais cette maladie ne connaît pas de frontières. Au Burkina Faso, comme partout en Afrique de l'Ouest, le manque d'information et l'accès limité aux soins spécialisés rendent le dépistage précoce encore plus crucial. À l'occasion de Septembre en Or, mois dédié aux cancers pédiatriques, la Société française d'Ophtalmologie rappelle deux signes simples qui doivent immédiatement alerter les parents et les soignants : un reflet blanc dans la pupille et un strabisme soudain.
Le rétinoblastome est la tumeur maligne de l'œil la plus fréquente chez l'enfant. Il se développe dans la rétine et peut toucher un seul œil ou les deux. Bien que rare, ce cancer est particulièrement agressif s'il n'est pas pris en charge à temps. Le pronostic vital est très favorable lorsque le diagnostic est précoce et que l'enfant a accès rapidement à des soins spécialisés. Une prise en charge rapide permet aussi d'utiliser des traitements moins lourds et d'augmenter les chances de préserver l'œil et la vision de l'enfant.
Qu'est-ce que le rétinoblastome et qui est concerné ?
Le rétinoblastome est lié à l'inactivation du gène RB1, qui joue normalement un rôle de frein à la multiplication des cellules. Lorsque ce gène ne fonctionne plus correctement, certaines cellules de la rétine se multiplient de manière incontrôlée et forment une tumeur. Dans certaines formes héréditaires, l'anomalie du gène RB1 est présente dès la naissance et peut être transmise par un parent. Une analyse génétique peut être proposée lorsque les deux yeux sont atteints, lorsque la maladie survient très tôt ou lorsqu'il existe des antécédents familiaux.
Au Burkina Faso, où les infrastructures de santé sont souvent concentrées dans les grandes villes, les familles rurales doivent parfois parcourir des centaines de kilomètres pour consulter un ophtalmologiste. C'est pourquoi il est essentiel que les parents, les instituteurs et les agents de santé communautaires connaissent les signes d'alerte et agissent sans attendre.
Quels sont les deux signes d'alerte du rétinoblastome ?
La Société française d'Ophtalmologie insiste sur deux signes qui doivent immédiatement alerter :
- Un reflet blanc dans la pupille (leucocorie) : il peut être visible directement ou apparaître sur une photographie prise avec un flash, à la place du reflet rouge habituel.
- Un strabisme soudain et persistant : un œil dévie et ne regarde plus dans la même direction que l'autre.
Plus rarement, on peut observer une rougeur persistante, une baisse de vision, une augmentation du volume de l'œil ou un œil qui semble différent de l'autre. Le rétinoblastome ne provoque pas toujours de gêne, et l'enfant est souvent trop jeune pour exprimer une perte de vision. La vigilance de l'entourage est donc primordiale.
« Toute leucocorie, même seulement signalée sur une photographie, ou tout strabisme inexpliqué chez un jeune enfant doit conduire à un examen ophtalmologique dans les meilleurs délais. Plus le diagnostic est précoce, plus les chances de préserver l'œil et la vision sont importantes », souligne le Dr Laurence Desjardins, spécialiste en onco-ophtalmologie à l'Institut Curie.
Comment se fait le diagnostic et la prise en charge ?
Un examen complet de la rétine, au moyen d'un fond d'œil, permet de poser le diagnostic. Une échographie oculaire et une IRM orbito-cérébrale évaluent ensuite l'étendue de la tumeur. En France, l'enfant est orienté en urgence vers l'Institut Curie, centre de référence national. Dans notre pays, les familles doivent souvent se rendre à Ouagadougou ou à Bobo-Dioulasso pour trouver un spécialiste, et les délais peuvent être longs. C'est pourquoi la formation des agents de santé de premier recours et la sensibilisation des communautés sont des priorités.
Les traitements du rétinoblastome sont de plus en plus efficaces et diffèrent selon la localisation, le volume de la tumeur et l'âge de l'enfant. Le pronostic visuel peut être compromis selon la localisation des tumeurs et l'impact des traitements sur la rétine. Mais plus le diagnostic est précoce, plus les chances de préserver l'œil et la vision augmentent.
Que faire en cas de doute ?
Le moindre doute doit conduire à un examen ophtalmique, rappelle la Société française d'Ophtalmologie. Elle s'associe à l'action de Rétinostop, association française dédiée au rétinoblastome, qui accompagne les familles, soutient la recherche et informe le public sur les signes d'alerte. Sa campagne nationale « Rétinoblastome : le repérer est un jeu d'enfant » est relayée en septembre 2026. Samedi 26 septembre, plus de 30 villes se mobiliseront dans le cadre de Septembre en Or. Retrouvez toutes les informations sur retinostop.org.
Pour les parents burkinabè, la leçon est claire : si vous remarquez un reflet blanc dans l'œil de votre enfant sur une photo, ou si son œil dévie soudainement, ne tardez pas à consulter. La précocité du diagnostic peut sauver la vue, et parfois la vie, de nos enfants.
Source : Société française d'Ophtalmologie, Institut Curie