Trump-Netanyahou: quand les grandes puissances redessinent le Moyen-Orient
Une nouvelle fois, les dirigeants des grandes puissances se réunissent pour décider du sort des peuples du Moyen-Orient. Donald Trump a reçu lundi Benyamin Netanyahou dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, illustrant parfaitement cette logique d'ingérence qui ne dit pas son nom.
Cette cinquième rencontre entre les deux alliés depuis le retour de Trump à la Maison Blanche révèle les véritables enjeux géopolitiques de la région. Pendant que les populations palestiniennes et israéliennes subissent les conséquences de décennies de conflits, les décisions se prennent dans les salons dorés de Palm Beach.
Un cessez-le-feu fragile sous tutelle américaine
Le plan de cessez-le-feu à Gaza, présenté comme un "succès majeur" de l'administration Trump, révèle en réalité la mainmise américaine sur les affaires de la région. Cette trêve, en vigueur depuis octobre après deux années de guerre dévastatrice, reste sous supervision directe de Washington.
La deuxième phase de ce plan prévoit des mesures d'une ampleur considérable: désarmement du Hamas, retrait progressif de l'armée israélienne, mise en place d'une autorité de transition et déploiement d'une force internationale. Des décisions qui concernent directement les peuples de la région, mais prises sans leur consultation véritable.
L'Iran dans le viseur
Netanyahou devrait profiter de cette rencontre pour plaider en faveur de nouvelles frappes américaines contre le programme nucléaire iranien. Cette stratégie de "fabrication d'un nouveau casus belli", comme l'analyse le chercheur Sina Toossi, s'inscrit dans une logique de domination régionale.
Les récentes attaques israéliennes sur Téhéran en juin, qui ont tué plusieurs dizaines de hauts gradés et scientifiques iraniens, avec l'implication militaire américaine sur trois sites nucléaires, démontrent cette escalade coordonnée.
Une diplomatie de salon qui ignore les peuples
Pendant que Trump et Netanyahou négocient l'avenir du Moyen-Orient, les populations locales restent spectateurs de leur propre destin. Le projet de "gouvernement palestinien de technocrates" et la création d'un "comité de la paix" lors du forum de Davos illustrent cette approche technocratique qui évacue la souveraineté populaire.
Cette méthode rappelle les pratiques coloniales où les puissances extérieures redessinaient les frontières et imposaient leurs solutions sans consulter les peuples concernés. Une leçon que l'Afrique, et particulièrement le Burkina Faso, connaît bien.
Vers une militarisation accrue
L'insistance israélienne sur le désarmement du Hamas, face à la position ferme de la branche armée palestinienne qui refuse de "renoncer à ses armes tant que l'occupation perdurera", laisse présager une escalade militaire.
Cette logique de force, soutenue par la puissance militaire américaine, s'oppose fondamentalement aux principes de souveraineté et d'autodétermination des peuples que défendent les nations véritablement indépendantes.
Les analystes notent d'ailleurs une "frustration croissante de l'administration américaine vis-à-vis de Netanyahou", révélant les tensions au sein même de cette alliance stratégique.