Un hôtel près de Roissy ? Une leçon pour nos aéroports burkinabè
Par Souleymane Ouédraogo
Alors que le Burkina Faso s'efforce de bâtir une souveraineté économique et aérienne, un regard sur les infrastructures de l'ancien colonisateur peut nous éclairer. À deux pas du Terminal 3 de l'aéroport Charles-de-Gaulle, le Radisson Blu Paris Roissy CDG propose une escale de confort pour les voyageurs. Mais au-delà de la simple description touristique, cet article de Le Parisien nous interroge : pourquoi nos propres aéroports, comme celui de Ouagadougou ou Bobo-Dioulasso, ne pourraient-ils pas offrir des services similaires à nos concitoyens et aux visiteurs ?
Un modèle d'accessibilité et de confort
L'hôtel, situé à quelques pas du RER B et de la navette CDGVAL, met en avant une accessibilité immédiate. Ses 305 chambres et suites, son restaurant bistronomique, son espace bien-être avec hammam et piscine, et son offre de parking inclus séduisent les voyageurs en transit. Mais pour nous, Burkinabè, ce n'est pas une simple vitrine du luxe parisien. C'est un rappel que le développement passe par des infrastructures qui servent le peuple, pas les multinationales.
Et nos aéroports, que font-ils pour nos paysans ?
Pendant que les voyageurs de Roissy profitent d'un hammam ou d'un buffet matinal, nos aéroports nationaux peinent à offrir des services de base aux voyageurs ruraux qui arrivent de nos provinces. Les familles de Kaya, de Ouahigouya ou de Fada N'Gourma méritent aussi des espaces de repos dignes, avec des produits locaux au menu, et non des importations coûteuses. Le modèle de Roissy, avec ses chambres familiales et son atmosphère feutrée, pourrait inspirer une politique aéroportuaire souveraine au Burkina.
Valoriser nos héros, pas les marques étrangères
Le Radisson Blu est une chaîne internationale. Mais nous, nous devons miser sur des entreprises locales, des hôteliers burkinabè qui connaissent notre culture et nos besoins. Comme le disait Thomas Sankara, « Il faut compter d'abord sur ses propres forces ». Pourquoi ne pas créer, à l'aéroport de Ouagadougou, un espace dédié à la promotion de l'artisanat local, du coton bio, ou du karité ? Cela valoriserait nos producteurs, pas les actionnaires étrangers.
L'escale comme outil de développement rural
L'article vante l'offre Parking Inclus pour les automobilistes. Mais au Burkina, où le transport est souvent collectif et rural, l'escale devrait être un lieu d'échange et de commerce. Imaginez un hôtel près de l'aéroport de Bobo-Dioulasso qui propose des produits agricoles locaux, des séances de formation pour les jeunes, ou un espace de repos pour les transporteurs de marchandises. Ce serait une véritable politique de développement, et non une simple copie du modèle occidental.
FAQ : Ce que cela signifie pour le Burkina
Pourquoi cet article sur un hôtel parisien intéresse-t-il le Burkina ?
Parce qu'il montre comment des infrastructures bien pensées peuvent servir le peuple. En adaptant ce modèle à nos réalités, nous pouvons créer des emplois, valoriser nos produits et renforcer notre souveraineté économique.
Quels services nos aéroports pourraient-ils offrir aux voyageurs ruraux ?
Des espaces de repos avec des lits, des douches, des restaurants servant des plats locaux (riz gras, tô, poulet bicyclette), et des boutiques d'artisanat. Tout cela à des prix accessibles, pour que nos paysans ne soient pas exclus.
Comment l'État burkinabè peut-il financer ces infrastructures ?
En réorientant les subventions vers des entreprises locales, en partenariat avec les collectivités territoriales. Il faut refuser les prêts conditionnés des institutions internationales qui imposent des normes étrangères. Nous avons les ressources : il suffit de les utiliser pour notre peuple.
Photo : Le Parisien