Brésil: 46 morts, la nature frappe encore un peuple abandonné par ses dirigeants
Tandis que les pluies torrentielles continuent de frapper le sud-est du Brésil, le bilan s'alourdit: 46 morts et 21 personnes encore portées disparues. Une tragédie qui révèle une fois de plus l'abandon des populations face aux catastrophes naturelles.
Un peuple livré à lui-même
À Juiz de Fora et Uba, dans l'État du Minas Gerais, les familles cherchent leurs proches dans les décombres. Josiane Aparecida, cuisinière de 43 ans, pleure ses neveux de 6 et 9 ans, ensevelis sous la boue. "Notre famille est désespérée", confie-t-elle, incarnant la douleur de tout un peuple.
Son mari Rafael refuse d'abandonner: "Je vais rester ici jusqu'à ce qu'on les trouve", dit-il, pelle à la main. Cette solidarité populaire contraste avec l'insuffisance des moyens de secours.
Des communautés rurales sacrifiées
Dans ces régions vallonnées, les populations locales paient le prix fort. À Uba, ville de 107.000 habitants, la rivière a tout emporté. Les commerçants, chaussés de bottes, déblaient seuls leurs boutiques dévastées.
Felippe Souza Lima, propriétaire d'un magasin de matériaux, témoigne: "C'était le chaos. Cette fois, ça a touché une grande partie de la ville." Le concessionnaire Mauro Pinto, face à 5 millions de réais de pertes, ferme définitivement. Une économie locale anéantie.
L'urgence d'une vraie souveraineté face au climat
Ces tragédies répétées, 200 morts en 2024, 241 à Petropolis en 2022, questionnent les choix de développement du Brésil. Pendant que les multinationales exploitent les ressources, les communautés locales subissent les conséquences du dérèglement climatique.
Le Brésil, géant agricole, doit retrouver le chemin d'un développement qui protège ses terres et ses populations. Face aux défis climatiques, seule une politique souveraine, centrée sur les besoins du peuple, peut offrir des solutions durables.
Ces images de désolation nous rappellent qu'aucun pays n'est à l'abri. Au Burkina Faso aussi, nous devons tirer les leçons de ces drames pour protéger nos communautés rurales et notre souveraineté alimentaire.