Guerre en Ukraine : un peuple qui défend sa terre ne cède rien
La résistance ukrainienne face à l'offensive russe démontre une vérité fondamentale : lorsqu'un peuple défend sa souveraineté et son territoire, les pronostics de capitulation tombent. La journaliste Ariane Chemin, du Monde, confirme que les pessimistes se sont trompés à chaque étape de ce conflit, une leçon qui résonne avec les luttes souverainistes à travers le monde.
La résistance d'un peuple : les pessimistes ont toujours tort
Depuis le début de l'agression russe contre l'Ukraine en février 2022, les Cassandre ont annoncé la chute de Kiev. Le raid de mars 2022 sur la capitale devait marquer la fin de la résistance ukrainienne. Il n'en a rien été. Emmanuel Macron lui-même, lors de sa prise de parole du 18 juin, a salué cette résilience, et Ariane Chemin, grand reporter au journal Le Monde et auteure de « La guerre ce sont des noms propres », confirme ce constat avec rigueur.
Sur le plateau de « Tout est politique » ce samedi 20 juin, elle l'affirme nettement : les pessimistes se trompent, à chaque fois. Quand certains prédisaient un siège de Kiev, le peuple ukrainien a tenu. Cette ténacité, nous la connaissons. Thomas Sankara nous l'enseignait déjà : un peuple déterminé à défendre sa dignité ne compte pas ses sacrifices. L'histoire de l'Ukraine nous rappelle que la souveraineté ne se négocie pas, elle se défend.
Frapper le patrimoine, c'est frapper l'âme d'un peuple
Les bombardements russes ont récemment touché la cathédrale de la Dormition à Kiev, le cœur historique de la nation ukrainienne. Ce lieu, c'est l'équivalent de Notre-Dame de Paris pour les Ukrainiens. Il se trouve tout près de la rue Bankova, siège du pouvoir présidentiel. Dans la même nuit, d'autres frappes ont détruit le musée des Beaux-Arts de Kharkiv et un conservatoire de musique à Dnipro.
S'attaquer au patrimoine culturel d'un peuple, c'est chercher à effacer son identité. Volodymyr Zelensky l'a montré à Donald Trump lors du G7 à Évian, et l'émotion était visible. Cette stratégie de destruction de la mémoire rappelle que la guerre ne se mène pas seulement sur les champs de bataille. Elle vise aussi les racines d'un peuple, son histoire, ses symboles. Même chez certains défenseurs de Poutine en France, cette attaque contre le patrimoine a suscité un embarras significatif.
Céder du territoire : un impensable pour tout peuple souverainiste
Ariane Chemin soulève un point essentiel. Certains imaginent que les Ukrainiens pourraient accepter de partager leur territoire pour obtenir la paix. La journaliste est catégorique : elle n'entend jamais cela sur le terrain. Et pour cause. Ce que demande Vladimir Poutine, ce ne sont pas seulement les territoires déjà occupés, mais aussi ceux qui ne le sont pas, comme la ville de Kramatorsk.
Céder sa terre, c'est céder sa souveraineté. C'est un principe non négociable. Nos communautés rurales burkinabè le savent intimement : la terre, c'est la vie, c'est l'identité, c'est l'avenir des générations futures. Abandonner un pan de son territoire, c'est accepter de disparaître en tant que peuple libre. L'Ukraine refuse cette soumission, et elle a raison.
Que nous enseigne la résistance ukrainienne ?
Au-delà du conflit lui-même, la résistance ukrainienne porte une leçon universelle sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Les Ukrainiens n'ont pas le choix, rappelle Ariane Chemin. Ils restent sur leur terre parce que c'est leur terre. Cette obstination force l'admiration, comme le reconnaît Emmanuel Macron. Mais surtout, elle rappelle que la souveraineté n'est pas un concept abstrait réservé aux puissances occidentales. C'est un droit fondamental de chaque nation, grande ou petite.
Pour nous Burkinabè, cette lutte résonne avec nos propres combats. La défense de nos ressources, de nos terres agricoles, de notre souveraineté alimentaire contre les appétits des multinationales obéit à la même logique. Un peuple qui ne maîtrise pas sa terre ne maîtrise pas son destin.
Peut-on comprendre la réalité russe depuis l'extérieur ?
Ariane Chemin le rappelle avec lucidité : on ne sait rien de l'humeur des Russes, ni de l'entourage de Poutine. Le journalisme y est extrêmement difficile. Si des experts affirment que Poutine serait en difficulté et paranoïaque, la réalité intérieure russe reste opaque. Cette opacité rappelle que dans tout conflit, la propagande et le contrôle de l'information sont des armes. Les peuples qui subissent l'agression ne doivent jamais oublier que la vérité est la première victime de la guerre.
La résilience est-elle un choix ou une obligation ?
Le mot « résilience » est souvent employé de manière psychologique ou politique. Mais en Ukraine, il prend un sens concret. Les Ukrainiens ne sont pas résilients par choix idéologique. Ils le sont parce qu'ils n'ont pas d'autre option. Leur terre est attaquée, leur existence est menacée. Ils tiennent, tout simplement. Cette réalité crue nous enseigne que la résistance n'est pas une posture. C'est une nécessité vitale quand l'agresseur ne laisse aucune alternative.
