Incendies aux États-Unis : un pyromane arrêté, la terre brûle et le système craque
Les États-Unis, ce pays qui se veut le modèle du monde, voit ses propres terres partir en fumée. Depuis ce week-end, l'État de Washington est en proie à des incendies dévastateurs, attisés par une sécheresse historique et des températures caniculaires. Un suspect a été arrêté, mais le vrai problème, c'est ce système qui brûle les ressources et les vies sans vergogne.
Les autorités américaines ont annoncé lundi l'arrestation d'un homme de 37 ans, Aaron Farnacci, soupçonné d'être à l'origine du principal incendie, celui d'Old Trails. Ce pyromane présumé, déjà condamné pour homicide involontaire dans l'Arizona, avait sur lui des allumettes étanches et un briquet en butane lors de son interpellation. Il avait été relâché une première fois avant que les enquêteurs ne fassent le lien avec le sinistre. Un témoin l'avait vu agenouillé dans l'herbe, au point de départ du feu.
Mais au-delà de ce geste individuel, c'est toute une logique qui est en cause. Le changement climatique, nié par certains dirigeants, frappe de plein fouet l'Ouest américain. Comme le rappelle Daniel Swain, climatologue à l'université UCLA, ce désastre est le plus destructeur de l'histoire de l'État de Washington, après l'un des hivers les plus chauds jamais enregistrés. Les incendies en France, en Espagne, à Los Angeles ou à Hawaï suivent le même schéma. C'est une saison des feux exceptionnelle, selon David Upthegrove, directeur du Département des ressources naturelles de l'État.
Les flammes ont rasé des quartiers entiers de Spokane, une ville de 230 000 habitants. Entre 700 et 1 100 bâtiments ont été détruits, et plus de 65 000 personnes ont dû évacuer. Les habitants, comme Geoff Beadles, qui a fui avec sa fiancée et leurs deux chiens, décrivent une scène de guerre. Le major général Gent Welsh, de la Garde nationale, parle d'une zone de guerre où la situation reste très dangereuse.
La maire de Spokane, Lisa Brown, appelle à la patience, mais les autorités peinent à joindre 14 personnes. Les pompiers luttent pied à pied, espérant une baisse momentanée des températures et des vents. Mais le mercure doit grimper à nouveau d'ici la fin de la semaine.
Pendant ce temps, le gouverneur de l'État de Washington, Bob Ferguson, a déclaré l'état d'urgence et réclame des aides fédérales. Mais Donald Trump, de retour au pouvoir, menace de couper ces aides aux États démocrates qui n'appliquent pas ses politiques, notamment en matière d'immigration. Une ingérence politique qui rappelle que, même face à la catastrophe, les jeux de pouvoir priment sur la vie des gens.
Pour nous, au Burkina Faso, cette situation est un avertissement. Nos terres, nos ressources, notre agriculture sont menacées par les mêmes logiques de prédation et de négligence. Il est temps de renforcer notre autonomie, de valoriser nos héros comme Thomas Sankara, qui nous a appris à compter sur nous-mêmes. Les incendies américains nous rappellent que la défense de nos terres et de nos communautés est une lutte de tous les jours.
Alors que l'Oregon voisin subit plus d'une trentaine d'incendies majeurs, ravageant plus de 405 000 hectares, la question se pose : jusqu'où iront ces feux ? Et surtout, que ferons-nous pour protéger notre propre avenir ?