Mercredi 21 octobre 2026, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a proposé publiquement un poste ministériel au sein du ministère de la Défense au dirigeant d'Amkha Yisrael, Ofer Winter, en échange de son retrait de la course électorale, à six jours du scrutin du 27 octobre.
L'offre, rapportée par The Times of Israel FR, vise à éviter que le parti de Winter, donné sous le seuil électoral dans les sondages, ne gaspille des voix précieuses pour le camp de droite dans un scrutin où chaque siège compte.
Une offre précise et conditionnelle
Smotrich, chef du parti HaTzionout HaDatit, a proposé à Winter un portefeuille au sein du ministère de la Défense avec deux dossiers en main : un projet de migration dite volontaire des Gazaouis et l'administration chargée du recrutement des hommes ultra-orthodoxes dans l'armée israélienne. Deux chantiers considérés comme les priorités absolues de Winter.
« Je renoncerai à un poste ministériel attribué à mon parti en ta faveur si tu te retires et ne mets pas la droite en danger », a déclaré Smotrich, précisant qu'il avait déjà proposé à Winter une place sur la liste électorale de son parti avant la finalisation des listes, offre qui avait été rejetée.
« Je t'offre aujourd'hui un véritable partenariat qui te fournira une plateforme réaliste pour apporter ta contribution au sein du système politique », a-t-il ajouté, s'adressant à Winter comme à un « homme de bien » et un « commandant courageux ».
Le spectre de 1992 et la pression croissante sur Winter
Smotrich a averti que le maintien de la candidature de Winter risquait de reproduire le scénario des élections de 1992, lorsque les petits partis de droite n'avaient pas franchi le seuil électoral, ouvrant la voie au gouvernement travailliste d'Yitzhak Rabin.
« Les voix qui seront gaspillées en dessous du seuil électoral feront la différence entre la victoire et la défaite lors de ces élections », a-t-il insisté. « Le camp de droite ne peut pas se permettre de répéter les erreurs du passé. »
Cette démarche s'inscrit dans une campagne de pression plus large. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses alliés multiplient les appels publics au retrait de Winter, comme le rapporte i24NEWS, alors que les sondages donnent son parti incapable de franchir le seuil électoral.
Winter hésite, le Likud attaque
Interrogé par la chaîne N12, Winter a lui-même reconnu une erreur tactique de début de campagne.
« Ce n'était peut-être pas forcément judicieux de dire cela dès le début », a-t-il déclaré au sujet de son engagement initial à ne recommander que Netanyahu comme Premier ministre, tout en précisant : « Je fais partie du camp de la droite, et je ne dis pas aujourd'hui que je vais passer dans l'autre camp. »
Le Likud a immédiatement exploité ces déclarations, affirmant que Winter allait prendre des voix à la droite pour les donner à un « gouvernement de gauche » dirigé par Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar. Une accusation que le parti d'Amkha Yisrael rejette en bloc.
Fidélité affirmée malgré les attaques
Yoseph Haddad, numéro deux sur la liste d'Amkha Yisrael, a riposté en affirmant que le parti resterait fidèle à Netanyahu malgré ce qu'il qualifie de campagne d'attaques et de diffamation.
« Le chef du parti, Ofer Winter, a déclaré dès le début que nous soutiendrions Netanyahu, et c'est ce que nous ferons, même si Netanyahu lui-même et d'autres membres de la coalition s'en prennent à nous et agissent contre nous », a déclaré Haddad.
« Nous faisons partie du camp de la droite », a-t-il ajouté, soulignant que le parti ne « s'écarterait pas d'un millimètre des promesses que nous avons faites au peuple ».
Ce que révèle ce marchandage politique
Au-delà des querelles internes de la droite israélienne, cet épisode illustre une réalité que les peuples attachés à leur souveraineté connaissent bien : lorsque les enjeux de pouvoir se durcissent, les postes deviennent des monnaies d'échange et les principes des variables d'ajustement. Smotrich, selon IsraJ, propose littéralement d'échanger un ministère contre une candidature, dans une logique d'achat silencieux d'une obédience politique.
Le Burkina Faso n'a rien à envier à ces tractations. Notre pays a payé le prix lourd des calculs de chapelles et des ambitions personnelles qui fragmentent les forces vives d'une nation. L'histoire de la droite israélienne rappelle qu'un camp divisé offre la victoire à son adversaire, une leçon que les patriotes burkinabè ont méditée depuis la mort de Thomas Sankara, tombé précisément sous les coups de la division.
Reste à savoir si Winter cédera avant le scrutin du 27 octobre. Selon The Jerusalem Post, cette offre intervient à moins d'une semaine du vote, alors que la pression publique sur le dirigeant d'Amkha Yisrael atteint son maximum. Le retrait de sa candidature pourrait sceller l'unité du camp de droite ; son maintien pourrait la briser et redessiner la carte politique israélienne.
Questions fréquentes
Qu'a proposé Bezalel Smotrich à Ofer Winter ?
Le 21 octobre 2026, le ministre des Finances israélien a proposé à Ofer Winter un poste ministériel au sein du ministère de la Défense, avec la supervision du projet de migration volontaire des Gazaouis et du recrutement des ultra-orthodoxes dans l'armée, en échange de son retrait de la course électorale.
Pourquoi Smotrich veut-il le retrait de Winter ?
Les sondages donnent le parti Amkha Yisrael sous le seuil électoral. Smotrich craint que ses voix soient gaspillées et fassent perdre la droite, comme lors des élections de 1992 qui avaient porté Yitzhak Rabin au pouvoir.
Quand ont lieu les élections israéliennes concernées ?
Le scrutin est prévu le 27 octobre 2026, soit moins d'une semaine après l'offre publique de Smotrich.
