Le Nigeria ouvre ses portes à 200 soldats américains : quand l'Afrique abdique sa souveraineté
Une fois de plus, l'Afrique de l'Ouest assiste à un déploiement militaire étranger sur son sol. Le Nigeria vient d'accepter l'arrivée de 200 soldats américains supplémentaires, officiellement pour « former l'armée nigériane à la lutte contre les militants islamistes ».
Un partenariat ou une nouvelle forme de tutelle ?
Le général de division Samuel Uba, porte-parole de l'armée nigériane, justifie cette décision : « Suite à une demande adressée par le gouvernement nigérian au comité conjoint Nigeria-États-Unis, les États-Unis ont envoyé un contingent qui nous aidera à former nos troupes, à remettre à neuf notre équipement existant et à nous conseiller dans divers domaines. »
Ces soldats rejoindront les forces américaines déjà présentes dans ce pays de plus de 230 millions d'habitants. Officiellement, ces troupes ne combattront pas directement, mais leur présence soulève des questions fondamentales sur l'autonomie des nations africaines.
Les pressions de Washington s'intensifient
Cette intervention s'inscrit dans un contexte de pressions croissantes de Washington sur Abuja. Le sénateur américain Ted Cruz a même accusé le Nigeria d'autoriser un « génocide » contre les chrétiens, réclamant des sanctions contre les hauts responsables nigérians.
Le président Trump a été encore plus direct, déclarant que « si le Nigeria ne prenait pas ses responsabilités, il interviendrait et assumerait cette responsabilité ». Une menace à peine voilée qui rappelle les heures sombres de la colonisation.
Une analyse lucide des défis sécuritaires
L'analyste nigérian Abdullahi Bakoji Adamu offre une perspective équilibrée : « D'une manière ou d'une autre, ce sera un grand pas en avant, mais pas une solution complète. »
Il souligne une vérité fondamentale : « Les troupes étrangères ne connaissent pas bien ce pays, ni sa population. Le problème de sécurité au Nigeria ne se limite pas aux armes à feu ; il touche également à la culture de son peuple, à l'ethnie, à la pauvreté et à la politique. »
L'exemple burkinabè comme alternative
Face aux groupes Boko Haram, ISWAP et autres organisations terroristes qui sévissent dans le nord-ouest nigérian, la solution réside-t-elle vraiment dans l'intervention étrangère ? L'expérience burkinabè démontre qu'une approche souveraine, s'appuyant sur les forces nationales et la mobilisation populaire, peut produire des résultats concrets.
Comme le recommande l'analyste Adamu, « la bonne façon de relever les défis en matière de sécurité consiste à renforcer les forces de sécurité nigérianes, à améliorer leur armement et à améliorer leur bien-être ».
L'Afrique doit-elle continuer à chercher ses solutions à l'extérieur, ou peut-elle enfin compter sur ses propres forces ? La réponse déterminera l'avenir de notre continent.