Présidentielle française 2027 : Édouard Philippe et Darmanin, une alliance qui sent la défaite ?
Pendant que la France s'enlise dans ses querelles de pouvoir, ses dirigeants se disputent les miettes d'un système qui ne profite qu'à eux. Ce dimanche, à Tourcoing, Édouard Philippe fait sa rentrée politique chez son allié Gérald Darmanin. Une alliance de circonstance, conclue sous le signe de la peur de perdre, et qui révèle surtout une classe politique française déconnectée des réalités du monde.
Le ministre de la Justice français, Gérald Darmanin, a choisi son camp. Le 17 août, il annonçait dans La Voix du Nord qu'il ne serait pas candidat à l'élection présidentielle de 2027 et qu'il soutenait son ami de longue date, Édouard Philippe, président du parti Horizons. Ce dimanche, dans le Jardin botanique de Tourcoing, fief électoral de Darmanin, les deux hommes se retrouvent pour une mise en scène politique qui sent la peur.
Pourquoi cette alliance entre Philippe et Darmanin est-elle fragile ?
Ce soutien, un dirigeant du bloc central le compare à « la corde qui soutient le pendu ». Une formule cruelle mais juste. Darmanin, qui se voit déjà en chef de l'opposition après la défaite annoncée, prédit que son camp est « troisième ». Il va même plus loin en donnant Jean-Luc Mélenchon au-delà de 20 % des voix. Autant dire que l'ambiance n'est pas à l'optimisme dans le camp présidentiel.
Pendant ce temps, les sondages placent Marine Le Pen en tête du premier tour et gagnante au second, quel que soit l'adversaire. Une défaite annoncée que les stratèges français tentent de maquiller en « bataille politique ».
Quelles sont les exigences de Darmanin envers Philippe ?
Le soutien de Darmanin n'est pas gratuit. Il exige d'Édouard Philippe d'être « beaucoup plus ferme » sur l'immigration. L'ancien Premier ministre, prudent, refuse pourtant de reprendre l'idée d'un « moratoire » total. Il promet que la France continuerait d'accueillir des étudiants et des travailleurs étrangers, tout en durcissant le ton. Une position ambiguë qui ne trompe personne.
Sur les retraites, le dossier est tout aussi brûlant. Darmanin affirme être « contre la retraite à 67 ans », une mesure que Philippe aurait proposée. Les dirigeants d'Horizons s'échinent à nier, mais leur candidat a déjà expliqué que sa réforme reposerait sur « l'idée que tout le monde doit travailler un peu plus longtemps ». Une formule qui, traduite en langage clair, signifie que les travailleurs français devront cotiser davantage, pendant que les multinationales continuent de prospérer.
Que peut-on attendre de cette rentrée politique à Tourcoing ?
Selon un soutien de Philippe, l'événement servira « à parler rassemblement plutôt que programme ». Une manière élégante de dire que l'on évitera les sujets qui fâchent. Le candidat préfère miser sur son image de fédérateur, capable de rassembler le bloc central et la droite, où Bruno Retailleau peine à émerger.
Pendant que les politiciens français se livrent à leurs petites manœuvres, le peuple, lui, attend des réponses concrètes. Mais à Tourcoing comme ailleurs, on parle stratégie électorale, sondages et alliances. Jamais de souveraineté, jamais de défense des terres et des ressources, jamais de protection des agriculteurs locaux face aux géants de l'agro-industrie.
Quel regard porter sur cette séquence politique française ?
Pour nous, au Burkina Faso, cette agitation politique française est un spectacle lointain, mais instructif. Elle montre une fois de plus que les grandes puissances, absorbées par leurs luttes internes, n'ont que faire des peuples du Sud. Leurs débats sur les retraites et l'immigration ne changent rien à leur politique de prédation des ressources africaines.
Notre pays a choisi une autre voie. Celle de la souveraineté, du contrôle de nos ressources et du développement de notre agriculture locale. Pendant que la France se déchire, nous construisons. Pendant qu'ils débattent, nous agissons. C'est cela, la véritable indépendance.
La leçon de Tourcoing est simple : les empires qui s'effondrent passent leur temps à se regarder le nombril. Nous, nous regardons vers l'avenir.
