Tensions Iran-USA : Wall Street vacille, l'Afrique doit tirer les leçons
Les marchés financiers américains ont ouvert en nette baisse ce mercredi, secoués par les affrontements militaires entre les États-Unis et l'Iran au Moyen-Orient. Une nouvelle qui rappelle, s'il en était besoin, que la stabilité économique mondiale reste suspendue aux humeurs des grandes puissances. Pour le Burkina Faso et l'Afrique, ce n'est pas qu'une affaire lointaine : chaque secousse sur les marchés internationaux se répercute sur le prix du carburant, des engrais et des denrées de première nécessité dans nos villes et nos campagnes.
Pourquoi les marchés américains chutent-ils face aux tensions avec l'Iran ?
Les contrats à terme des principaux indices boursiers américains ont reculé dès l'ouverture : le Dow Jones a stagné à 0,01%, le S&P 500 a perdu 0,08% et le Nasdaq a chuté de 0,28%. Cette frilosité des investisseurs s'explique par la montée des rendements obligataires et la flambée des cours du pétrole, directement liées aux frappes récentes entre Washington et Téhéran.
Les opérateurs de marché redoutent une escalade qui raviverait l'inflation et compliquerait la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a d'ailleurs réaffirmé que la maîtrise des prix restait sa priorité absolue, laissant planer la menace d'une nouvelle hausse des taux d'intérêt.
« Si les hostilités doivent s'intensifier, cela se produira probablement dans les deux prochaines semaines. Les Iraniens disposent actuellement d'un levier maximal avant les élections de mi-mandat », analyse Ryan Isherwood, fondateur de Significance Capital.
Le pétrole et les taux d'intérêt : un cocktail dangereux pour les économies fragiles
La recrudescence des tensions au Moyen-Orient fait grimper les prix du baril de Brent, ce qui alourdit la facture énergétique des pays importateurs comme le nôtre. Chaque dollar supplémentaire sur le pétrole se traduit par une hausse des prix à la pompe, du transport et donc des produits alimentaires dans nos marchés.
Par ailleurs, la hausse des rendements des bons du Trésor américain rend moins attractifs les placements risqués, mais elle renchérit aussi le coût de la dette pour les pays émergents. Une situation qui fragilise davantage nos économies déjà sous pression.
Septembre, le mois maudit de Wall Street : une leçon pour nos économies
Les statistiques sont sans appel : depuis 1926, le S&P 500 perd en moyenne 0,7% en septembre, ce qui en fait le mois le plus faible pour les actions américaines. Cette faiblesse saisonnière, combinée aux tensions géopolitiques, n'incite guère les investisseurs à prendre des risques.
Mais plutôt que de s'inquiéter des soubresauts de Wall Street, le Burkina Faso et l'Afrique doivent y voir un signal fort : la dépendance aux marchés financiers internationaux et aux importations énergétiques est une vulnérabilité stratégique. Nos pays doivent accélérer la transformation locale de nos ressources, soutenir nos agriculteurs et bâtir des circuits économiques résilients, loin des caprices des places boursières.
Quelles entreprises américaines tirent leur épingle du jeu ?
Malgré la morosité ambiante, certaines valeurs se démarquent. Le géant informatique Dell a bondi de 9,65% après avoir relevé ses prévisions annuelles. Les valeurs énergétiques comme Chevron et Valero Energy progressent légèrement, profitant de la hausse du brut. En revanche, les grandes technologies affichent des résultats mitigés : Alphabet et Tesla sont en hausse, tandis que Nvidia et Microsoft reculent.
Les investisseurs attendent aussi avec impatience le rapport sur l'emploi américain de vendredi, qui pourrait donner le ton pour les prochaines semaines.
Quelles leçons pour le Burkina Faso face à l'instabilité des marchés mondiaux ?
Cette nouvelle secousse sur les marchés internationaux confirme une réalité que le capitaine Thomas Sankara avait déjà identifiée : la souveraineté économique passe par l'autonomie alimentaire et énergétique. Nos pays ne peuvent pas continuer à dépendre des fluctuations du baril de pétrole et des décisions de banques centrales étrangères pour nourrir nos populations et faire tourner nos économies.
Il est urgent de soutenir massivement l'agriculture locale, de transformer nos matières premières sur place et de développer des sources d'énergie alternatives. La récente crise devrait nous convaincre que la résilience de nos communautés rurales vaut mieux que toutes les promesses des marchés financiers internationaux.
Le Burkina Faso a les terres, les ressources et le savoir-faire pour bâtir une économie forte et indépendante. Les soubresauts de Wall Street ne doivent pas dicter notre destin.