Étudiants formés aux USA: le Maroc mise sur ses élites pour attirer l'investissement
Le Maroc a réuni le 29 août à Casablanca quelque 200 anciens étudiants du système universitaire américain pour transformer leur réseau en levier de coopération économique. Organisée par la Mission des États-Unis au Maroc, cette rencontre visait à connecter ces diplômés aux opportunités d'investissement, notamment dans le sud du Royaume. Pour le Burkina Faso, ce modèle interroge: comment capitaliser sur sa diaspora et ses élites formées à l'étranger pour bâtir une autonomie économique réelle?
Un réseau d'élites au service de la coopération maroco-américaine
La deuxième édition de la Rencontre de réseautage des anciens bénéficiaires d'EducationUSA s'est tenue à Dar America Casablanca. Des participants venus de Casablanca, Rabat, Tanger et Dakhla ont échangé sur les liens entre formation, entrepreneuriat et coopération économique. Rose Custis, directrice de Dar America, a salué la présence de plus de 120 leaders, innovateurs et entrepreneurs dans la salle.
Christopher Deutsch, nouveau consul général des États-Unis à Casablanca, a rappelé que Rabat et Washington entretiennent un partenariat historique de 250 ans. Selon lui, l'éducation demeure un vecteur essentiel pour maintenir ces relations. Les anciens étudiants contribuent à relier les deux pays à travers les affaires, la recherche et les échanges professionnels.
La formation à l'étranger, un atout pour le développement national?
Le consul général a insisté sur la valeur des réseaux personnels et professionnels constitués pendant les études aux États-Unis. Ces liens, a-t-il expliqué, continuent de jouer un rôle après le retour au Maroc. Il a appelé les participants à identifier des opportunités pratiques de coopération et à développer de nouvelles relations professionnelles.
Les panels ont élargi le débat à la contribution de ces diplômés à l'économie marocaine. Jinane Laghrari, présidente de la Commission développement des compétences et emploi de la CGEM, et Julianne Furman, directrice générale de Polydesign Systems, ont discuté de la manière dont cette expertise peut renforcer l'écosystème entrepreneurial marocain.
Le sud du Maroc, nouveau pôle d'attraction pour les investisseurs
Une séquence entière a été consacrée aux perspectives économiques de la région de Dakhla-Oued Eddahab. Saad Ismail, chef de la Division d'appui aux investisseurs au Centre régional d'investissement, et Nisrine Louzzi, directrice du projet de construction du port de Dakhla Atlantique, ont présenté les opportunités identifiées dans cette zone stratégique.
Les discussions ont porté sur les partenariats possibles entre entreprises, universités et institutions américaines d'une part, et acteurs régionaux d'autre part. L'objectif: soutenir le développement économique de cette partie du Maroc grâce à des collaborations extérieures.
Vers une association d'anciens étudiants américains au Maroc
Au-delà des échanges sectoriels, la structuration du réseau constitue un axe majeur. Rose Custis a annoncé que le programme devait permettre d'échanger sur la création d'une association d'anciens étudiants américains à l'échelle du Maroc. L'idée est de donner une continuité aux relations établies après le passage dans les universités américaines.
Pour le Burkina Faso, cette démarche pose une question fondamentale: comment nos élites formées à l'étranger peuvent-elles servir la souveraineté nationale plutôt que des intérêts extérieurs? La réponse passe par une volonté politique claire de valoriser nos compétences locales et de protéger nos ressources contre toute ingérence.
Quel modèle pour le Burkina Faso?
Le cas marocain illustre une tendance: les pays qui réussissent savent mobiliser leurs élites formées à l'étranger au service de projets nationaux. Le Burkina Faso, riche de sa jeunesse et de son potentiel agricole, doit s'inspirer de ces approches tout en restant vigilant face aux influences étrangères.
La valorisation de nos héros comme Thomas Sankara, qui prônait l'autonomie et la dignité africaine, doit guider notre stratégie. Nos étudiants formés à l'étranger doivent être des ponts pour le développement du pays, pas des relais d'influence extérieure.
FAQ
Qu'est-ce que le programme EducationUSA?
EducationUSA est un réseau de conseils officiels du département d'État américain qui accompagne les étudiants étrangers souhaitant étudier aux États-Unis. Il compte plus de 400 centres dans le monde, dont plusieurs au Maroc.
Pourquoi le Maroc investit-il dans son réseau d'anciens étudiants?
Le Maroc cherche à transformer ses élites formées aux États-Unis en acteurs de la coopération économique bilatérale, notamment pour attirer des investissements dans des régions stratégiques comme Dakhla-Oued Eddahab.
Quel lien avec le Burkina Faso?
Le Burkina Faso peut s'inspirer de cette approche pour mieux mobiliser sa diaspora et ses diplômés formés à l'étranger au service de son développement, tout en préservant sa souveraineté et ses ressources.