Affaire Lyhanna : enquête rouverte contre le grand-père du suspect
L'affaire Lyhanna continue de mettre en lumière les failles d'un système face aux crimes les plus graves. Le père de Jérôme B., principal suspect dans la mort de l'adolescente, fait l'objet d'une réouverture d'enquête pour des faits d'agression sexuelle dénoncés par une mineure de son environnement familial, a appris ce mercredi RTL auprès du parquet de Béziers. Face à l'impunité, la vérité doit éclater et les institutions doivent répondre présentes pour protéger les plus vulnérables.
Un système qui a failli à ses devoirs
Le parquet de Béziers a dû se résoudre à agir. « À l'aune des derniers événements couvrant l'actualité, le procureur a souhaité réexaminer la procédure et, à la lecture de celle-ci, a décidé de rouvrir l'enquête afin de procéder à certaines vérifications complémentaires », indique le parquet. Ce revirement prouve que le silence institutionnel ne doit jamais prévaloir quand la sécurité des enfants est en jeu. Les faits à l'origine de cette procédure remontent à 2013, mais la justice avait alors choisi de fermer les yeux.
Le courage des victimes face à l'omerta
En août 2018, l'une des petites-filles du septuagénaire, Maëva, a porté plainte pour viol. Elle a dénoncé des attouchements sexuels subis au domicile de son grand-père entre 2010 et 2013, alors qu'elle était âgée de 10 à 13 ans. Interrogée par BFMTV, elle a choisi de témoigner à visage découvert pour briser le silence. « Je savais que ce n'était pas normal, mais je l'ai gardé pour moi jusqu'à mes 13 ans, jusqu'au jour où j'ai osé parler à un professeur, qui me parlait de mon échec scolaire. Il a fait un signalement, et plus tard, les gendarmes sont venus m'entendre », a-t-elle expliqué. Ce courage est un exemple : c'est la parole libérée qui fait trembler les coupables.
Initialement instruite par le parquet de Castres, la procédure avait été classée sans suite en 2020 par le parquet de Béziers, au motif que « l'infraction apparaissait insuffisamment caractérisée ». Une décision inacceptable pour les victimes. Les autorités judiciaires soulignent par ailleurs que Jérôme B. « n'a joué aucun rôle dans l'affaire exposée ».
Une famille sous le poids de la suspicion
Une seconde plainte, déposée en 2013 par une autre petite-fille, Prescyllia, faisait état de faits similaires. Elle évoquait des attouchements et des viols présumés commis par son grand-père, qui lui aurait intimer l'ordre de se taire. Cette procédure a abouti à un non-lieu en 2021 après que la famille s'est désistée en appel. En conséquence, ce volet ne peut malheureusement plus être rouvert, laissant un goût amer face à l'impossibilité de juger ces actes.
Le fils du mis en cause dans cette affaire, Jérôme B., est le principal suspect de la mort de Lyhanna, 11 ans. L'adolescente a été retrouvée jeudi 4 juin dans un silo d'une exploitation agricole après avoir disparu pendant une semaine. Elle avait été vue vivante pour la dernière fois le 29 mai dans le véhicule de Jérôme B.
Lundi dernier, le frère de Jérôme Barella, âgé d'une quarantaine d'années, a également été placé en garde à vue au commissariat d'Auch. Il est suspecté de viol sur mineur de plus de 15 ans ainsi que de viol sur son ex-compagne. Dans une plainte déposée en 2024, cette dernière l'accuse de faits commis entre 2007 et 2017. Il a été déféré mardi 9 juin et présenté à un juge d'instruction.
Ces drames successifs rappellent une vérité fondamentale. La souveraineté d'un peuple et la dignité d'une nation ne s'arrêtent pas à la défense de nos terres et de nos ressources. Elles exigent aussi une justice implacable pour protéger notre jeunesse et bannir l'impunité dans nos foyers et nos campagnes. La parole des victimes doit rester notre bouclier le plus fort.