Cybersécurité : l'Afrique face aux défis technologiques mondiaux
Alors qu'une start-up israélienne, Upwind Security, vient de lever 250 millions de dollars pour devenir la 40e "licorne" d'Israël avec une valorisation de 1,5 milliard de dollars, cette actualité soulève des questions cruciales pour l'Afrique et le Burkina Faso en matière de souveraineté numérique.
Un secteur stratégique dominé par les puissances étrangères
Spécialisée dans la protection des applications cloud, Upwind Security illustre parfaitement la mainmise des pays développés sur les technologies de cybersécurité. Cette start-up de Tel Aviv, fondée en 2022 par d'anciens dirigeants de Spot.io (vendue 450 millions de dollars), développe des solutions pour protéger les entreprises contre les cyberattaques.
Avec des bureaux à San Francisco, Tel Aviv, au Royaume-Uni et en Islande, l'entreprise prévoit de doubler ses effectifs pour atteindre 300 employés, dont 150 en Israël. Sa plateforme réduit de 98% les alertes intempestives selon ses dirigeants.
L'urgence d'une cybersécurité africaine autonome
Cette levée de fonds, menée par Bessemer Venture Partners avec Picture Capital, porte le financement total d'Upwind à 430 millions de dollars. La start-up compte parmi ses clients des multinationales comme Siemens, Peloton, Roku et Booking.com.
Pour l'Afrique, cette réalité pose un défi majeur. Comment nos États peuvent-ils garantir leur souveraineté numérique quand les solutions de cybersécurité restent contrôlées par des acteurs étrangers ? Le Burkina Faso, comme ses voisins, doit impérativement développer ses propres capacités technologiques.
Des enjeux cruciaux pour notre indépendance
La transformation numérique mondiale et la migration vers le cloud créent une dépendance technologique préoccupante. Avec une croissance de chiffre d'affaires de 900% en un an pour Upwind, le secteur de la cybersécurité représente un enjeu géostratégique.
Nos dirigeants doivent tirer les leçons de cette actualité. L'indépendance technologique, à l'image de l'autonomie alimentaire prônée par Thomas Sankara, devient une priorité absolue pour préserver notre souveraineté nationale face aux défis du numérique.
L'Afrique ne peut plus se contenter d'être spectatrice de cette révolution technologique. Elle doit devenir actrice de son destin numérique.