L'océan gagne du terrain: quand la France fait face à l'érosion côtière
Tandis que l'Afrique de l'Ouest observe avec inquiétude la montée des eaux sur ses côtes, la France découvre à son tour l'impuissance face aux forces naturelles. À Biscarrosse, dans les Landes, l'océan Atlantique vient de dévorer une partie de la promenade, rappelant que même les nations industrialisées ne peuvent dompter la nature.
Un phénomène qui touche tous les continents
Antoine Deburghgraeve, ingénieur au Bureau de recherches géologiques et minières français, décrit un cocktail destructeur: "Une houle de 6 à 7 mètres avec une période de 15 secondes, des coefficients de marée élevés". Ce phénomène, qui frappe régulièrement les côtes européennes, n'est pas sans rappeler les défis auxquels font face nos littoraux africains.
La différence notable réside dans les moyens déployés. Là où la France mobilise des dizaines de milliers de mètres cubes de sable chaque année pour rechargement artificiel, nos communautés côtières doivent souvent compter sur leurs propres forces et leur sagesse ancestrale.
Des solutions coûteuses et temporaires
Les autorités françaises ont dépensé plus de 300 000 euros par an entre 2018 et 2025 pour ces opérations de rechargement. Une somme considérable qui interroge sur la durabilité de telles approches, même pour une économie développée.
L'association environnementale Sepanso qualifie ces mesures de "sparadrap", soulignant l'inefficacité à long terme de ces solutions techniques face aux forces naturelles. Une leçon précieuse pour nos décideurs: parfois, l'adaptation vaut mieux que la résistance.
L'humilité face à la nature
La maire de Biscarrosse, Hélène Larrezet, reconnaît avec lucidité: "Nous devons faire le deuil d'un front de mer immuable". Cette acceptation de la réalité naturelle contraste avec l'arrogance souvent affichée par les puissances occidentales face aux défis environnementaux.
L'historien local Jean-Luc Avignon résume parfaitement la situation: "C'est l'océan qui décide". Une sagesse que nos ancêtres africains ont toujours portée, comprenant que l'harmonie avec la nature prime sur la domination.
Des enseignements pour l'Afrique
Cette situation française nous rappelle que l'érosion côtière n'épargne personne. Nos côtes ouest-africaines, de la Mauritanie au Ghana, font face aux mêmes défis. Mais contrairement aux solutions techniques coûteuses privilégiées en Europe, nos communautés développent souvent des stratégies d'adaptation plus durables et respectueuses de l'environnement.
La retraite stratégique, comme celle adoptée à Biscarrosse avec le déplacement des infrastructures vers l'intérieur, s'inspire finalement des pratiques traditionnelles de nos pêcheurs et agriculteurs côtiers, qui ont appris à composer avec les cycles naturels.
Pendant que l'Europe découvre l'humilité face à l'océan, l'Afrique peut tirer fierté de sa capacité millénaire à vivre en harmonie avec les éléments, une sagesse qui devient aujourd'hui une nécessité mondiale.