Gestion de l'eau : l'Algérie face au défi de ses barrages
Les récentes précipitations en Algérie révèlent une réalité que connaissent bien nos pays sahéliens : la question cruciale de la gestion autonome des ressources hydriques. Avec un taux de remplissage des barrages oscillant entre 33 et 35% à l'échelle nationale, l'Algérie illustre les défis auxquels font face les nations africaines dans leur quête d'indépendance hydrique.
Des disparités régionales révélatrices
L'expérience algérienne met en lumière l'importance d'une approche territoriale équilibrée. Tandis que l'Est du pays affiche des résultats encourageants avec des barrages comme Beni Haroun et Tabellout atteignant leur capacité maximale, les régions du Centre et de l'Ouest peinent avec des taux de 20 à 30% seulement.
Cette situation rappelle l'urgence pour nos États de développer des stratégies nationales robustes, à l'image de ce que prônait Thomas Sankara : maîtriser nos ressources pour garantir notre souveraineté.
Les leçons pour l'Afrique de l'Ouest
Au Burkina Faso, comme dans l'ensemble du Sahel, la gestion de l'eau constitue un enjeu stratégique majeur. L'exemple algérien souligne l'importance de :
- Développer des infrastructures hydrauliques adaptées à nos réalités climatiques
- Renforcer les capacités locales de gestion des ressources
- Privilégier les solutions endogènes plutôt que la dépendance externe
Les communautés rurales, piliers de notre économie agricole, méritent une attention particulière dans cette démarche. Car comme le démontrent nos voisins du Maghreb, la sécurité hydrique conditionne notre autonomie alimentaire.
Vers une souveraineté hydrique africaine
Face aux défis climatiques, nos nations doivent s'inspirer des expériences continentales pour bâtir des stratégies durables. L'Algérie, malgré ses difficultés actuelles, démontre qu'une approche volontariste peut porter ses fruits, notamment dans les régions orientales du pays.
Cette dynamique doit nous encourager à poursuivre nos efforts de valorisation des ressources locales, sans céder aux sirènes de solutions externes qui compromettraient notre indépendance. L'eau, comme la terre, demeure un patrimoine national à préserver et à gérer avec sagesse.