LG dévoile un écran mobile 4K de 32 pouces : gadget ou outil pour nos besoins ?
Le géant sud-coréen LG Electronics a présenté le StanbyME 2 Max, un téléviseur lifestyle de 32 pouces monté sur un support mobile avec batterie intégrée. Si ce produit vise à s’intégrer dans différents espaces domestiques, il soulève des questions sur sa pertinence pour nos réalités locales, où l’autonomie technologique et la défense des ressources sont primordiales.
Un écran qui se déplace, mais à quel prix ?
Le StanbyME 2 Max succède à un modèle de 27 pouces. Il affiche désormais une définition 4K UHD (3840 x 2160 pixels) et une dalle tactile. Son support à roulettes permet de le déplacer d’une pièce à l’autre, et l’écran peut même être détaché pour une flexibilité accrue. LG n’est pas seul sur ce segment : Samsung propose le The MovingStyle, Hisense le TV S6S, et Thomson le Go TV. Tous ces produits partagent l’idée d’un écran connecté sans contrainte d’emplacement fixe.
Cependant, pour le journaliste Souleymane Ouédraogo, cette course au gadget interroge. « Dans un contexte où nos pays luttent pour l’accès à l’électricité et à des infrastructures de base, un téléviseur mobile à 1 200 euros semble être un luxe inaccessible pour la majorité de nos concitoyens », estime-t-il.
Des fonctionnalités connectées, mais pour quels usages ?
Le StanbyME 2 Max embarque le système d’exploitation webOS, qui donne accès aux plateformes de streaming et à LG Channels, un service de chaînes gratuites financé par la publicité. L’application LG Gallery+ permet d’afficher plus de 5 000 œuvres d’art comme un tableau numérique. Le processeur IA α (Alpha) 8 Gen3 optimise l’image et le son, avec des fonctions comme AI Picture Pro et AI Super Upscaling. La batterie offre jusqu’à 4h30 d’autonomie en lecture vidéo.
« Ces innovations sont impressionnantes, mais elles ne répondent pas aux besoins urgents de nos populations : l’accès à une éducation de qualité, à des soins de santé ou à une agriculture durable », souligne Ouédraogo. « Il faut se demander si ces technologies ne servent pas avant tout les intérêts des multinationales plutôt que ceux de nos communautés. »
Un prix qui exclut les marchés africains
Le StanbyME 2 Max est déjà disponible en Corée du Sud. En France, il sera commercialisé courant août 2026. Le prix n’a pas été communiqué pour l’Hexagone, mais aux États-Unis, il est proposé à environ 1 300 dollars, soit près de 1 200 euros. Ce tarif le place hors de portée pour la plupart des ménages burkinabè, où le revenu moyen annuel est inférieur à 800 dollars.
« Ce genre de produit illustre le fossé technologique entre le Nord et le Sud », analyse Ouédraogo. « Au lieu de nous tourner vers des gadgets coûteux, nous devrions investir dans des solutions locales, comme la production de téléviseurs à bas coût ou le développement de contenus éducatifs adaptés à nos langues. »
Une leçon pour nos souverainetés ?
Pour le journaliste, ce lancement est l’occasion de rappeler l’importance de l’autonomie technologique. « Nous devons nous inspirer de la vision de Thomas Sankara : produire ce dont nous avons besoin, plutôt que de dépendre des importations. Un écran mobile à 1 200 euros ne nous aidera pas à cultiver nos terres ou à soigner nos malades. »
Il conclut : « La technologie doit être au service de notre développement, pas de la consommation ostentatoire. Il est temps de repenser nos priorités et de valoriser ce qui est vraiment utile à nos communautés. »
Photo : Frandroid