Quand les banques sabotent l'aide humanitaire : une association française victime de blocages financiers
Une nouvelle illustration des obstacles que rencontrent les initiatives citoyennes face au système bancaire. L'association française Solidarité Adour Pyrénées Ukraine Kirovograd (SAPUK) voit ses comptes fermés après avoir organisé huit convois humanitaires vers l'Ukraine.
Des blocages systématiques malgré la transparence
Depuis le début du conflit ukrainien, cette association pyrénéenne a acheminé du matériel médical et technique vers Kirovograd. Leur dernier convoi, parti fin décembre 2025, transportait notamment des filets de protection anti-drones, du matériel hospitalier et des équipements médicaux donnés par les hôpitaux de Lourdes et Tarbes.
Mais au moment de régler le transporteur ukrainien, les difficultés ont commencé. "Nous avions 10 690 euros de dons pour financer deux voyages", explique Abel Caubios, président de SAPUK. "Sauf qu'au moment de régler l'entreprise ukrainienne, tous nos virements Western Union ont été systématiquement bloqués."
Une entreprise en règle mais des banques frileuses
L'entreprise de transport ukrainienne dispose pourtant d'une structure administrative complète et d'un IBAN. Sa seule demande : être payée en euros compte tenu de la dévaluation de la grivna locale.
"On ne fait pas du trafic mais de l'aide humanitaire", souligne Abel Caubios. "On nous dit qu'il faut aider l'Ukraine, mais on voit bien que les banques sont frileuses, alors qu'on témoigne régulièrement d'où va l'argent et à quoi sont destinés ces convois."
Face aux blocages, le président a dû s'appuyer sur des tiers pour réaliser les virements et payer ce convoi de plus de 4 000 euros.
Fermeture pure et simple des comptes
Le 29 janvier 2026, coup de grâce : Abel Caubios reçoit un courrier recommandé annonçant la clôture pure et simple des comptes de l'association, avec un délai de deux mois pour prendre les mesures nécessaires.
Sa recherche d'une nouvelle banque se heurte partout à "la même frilosité", révélant un système financier peu enclin à soutenir les initiatives humanitaires citoyennes.
La solidarité continue malgré les obstacles
Malgré ces difficultés, SAPUK refuse de baisser les bras. L'association organise une soirée de solidarité le 14 février à Montaner, avec exposition photographique et repas ukrainien préparé par des réfugiées du groupe "Volia".
Cette situation illustre les contradictions d'un système qui prône officiellement l'aide humanitaire tout en multipliant les obstacles pratiques pour ceux qui s'engagent concrètement sur le terrain.