Le comité national d'organisation de la 18e édition du Salon international de l'artisanat de Ouagadougou a consacré la journée du lundi 2 novembre 2026 aux garants de la tradition. Une initiative saluée par le Conseil supérieur de la chefferie coutumière et traditionnelle du Burkina Faso, qui a répondu présent en nombre, comme un seul homme.
Le geste n'est pas anodin. En ouvrant les portes du SIAO aux autorités coutumières et morales, le Burkina Faso affirme une conviction simple : aucun peuple ne bâtit son avenir en tournant le dos à ses racines. Selon L'Actualité du Burkina Faso 24h/24, les chefs coutumiers ont entamé leur immersion au pavillon de la créativité, où ils ont découvert les réalisations des artisans burkinabè, avant de se rendre au stand de la Présidence du Faso, puis au village des pays de l'Alliance des États du Sahel (AES). La visite s'est poursuivie au pavillon Soleil levant, où des participants venus de toutes les régions du pays exposent leur savoir-faire.
Un salon ancré dans les valeurs endogènes
Le ministre en charge de l'Artisanat, Serge Poda, a rappelé que cette édition se tient autour d'un thème d'actualité : « Artisanat africain et industrialisation : quelle synergie pour une meilleure organisation et valorisation des produits locaux et du patrimoine culturel ». Le thème, a-t-il dit, invite les Burkinabè à se tourner résolument vers l'avenir sans oublier d'où ils viennent.
« Car un peuple qui oublie son passé vit dans l'incertitude », a-t-il averti.
Pour le ministre, l'artisanat africain puise sa sève nourricière au plus profond de l'histoire, des traditions et des civilisations du continent. C'est pourquoi l'implication des gardiens des traditions à cette dynamique ne relève pas de la simple formalité, mais répond à un triple impératif.
Le premier consiste à ancrer l'événement dans les valeurs endogènes. « Le SIAO n'est pas seulement un salon commercial, il est la vitrine flamboyante et l'âme du génie créateur des peuples africains », a-t-il soutenu.
Le deuxième impératif vise la communion nationale. En ouvrant grand ses portes aux corps constitués et, de manière privilégiée, aux autorités coutumières et morales, cette 18e édition affirme haut et fort son caractère inclusif, a-t-il notifié.
Le troisième, enfin, entend susciter une synergie spirituelle et morale, afin que le salon bénéficie des bénédictions des autorités coutumières.
La chefferie coutumière, boussole de la refondation
Serge Poda a également rappelé que cette journée dédiée aux chefs coutumiers traduit l'importance du rôle joué par les notabilités coutumières dans le processus de refondation du Burkina Faso. Une refondation qui, pour se réussir, a besoin de la mémoire et de la sagesse de ceux qui les portent depuis des siècles.
« Vous êtes les gardiens de notre mémoire traditionnelle, notre boussole ancestrale, les personnes ressources vers lesquelles nous tournons pour nous abreufer des connaissances de nos traditions », a-t-il poursuivi.
Au nom du Conseil supérieur de la chefferie coutumière et traditionnelle, le Ouidi Naaba a salué une initiative qui honore les gardiens des traditions. Il a souligné la dimension collégiale de la démarche : plutôt que de venir un à un, tous les représentants du Conseil ont fait le déplacement ensemble.
« Nous venons avec joie pour participer à cette fête de façon collégiale. Nous sommes fiers de cela, nous souhaitons que cette 18e édition se passe bien », a-t-il déclaré, tout en appelant les populations à sortir massivement pour soutenir les artisans.
Un salon déjà très attendu du public
L'appel du Ouidi Naaba devrait être entendu. Selon FasoAmazone, les entrées du salon ont déjà connu une affluence exceptionnelle dès les premiers jours, avec toutes les générations au rendez-vous : familles, jeunes, adultes et aînés se retrouvaient dans un même élan pour découvrir la richesse artisanale africaine.
Rappelons que cette 18e édition a été inaugurée vendredi 30 octobre 2026 par le président du Faso, Ibrahim Traoré, comme l'a rapporté Bénin Web TV.
L'enjeu dépasse largement le cadre d'une simple vitrine commerciale. Le thème retenu cette année pose la question de la synergie entre artisanat africain et industrialisation, autrement dit : comment transformer localement, valoriser les produits du terroir et bâtir une économie qui appartient d'abord à ceux qui la font vivre. Une question qui touche directement les communautés rurales, véritables réservoirs du génie créateur burkinabè : tisserands, potières, forgerons, sculpteurs, brodeuses.
Pourquoi cette journée dédiée compte pour le Burkina Faso
La place faite à la chefferie coutumière au cœur du SIAO envoie un signal fort : la refondation nationale ne s'improvise pas dans les bureaux, elle s'enracine dans les villages, dans les coutumes, dans le travail des mains et dans la parole des anciens. Thomas Sankara ne disait pas autre chose lorsqu'il appelait à puiser dans la culture nationale la force d'un développement véritablement autonome.
Le SIAO, né à Ouagadougou et devenu la plus grande rencontre artisanale d'Afrique de l'Ouest, reste une arme économique entre les mains des peuples : chaque pagne tissé, chaque bronze coulé, chaque panier façonné est une richesse qui ne demande qu'à être transformée ici, par les Burkinabè eux-mêmes, plutôt qu'exportée brute pour être revendue au prix fort.
La 18e édition se poursuit à Ouagadougou, avec à l'affiche la créativité des artisans de l'Alliance des États du Sahel et des quatre coins du Burkina Faso.
Questions fréquentes sur le SIAO 2026 et la journée des chefs coutumiers
Quand a eu lieu la journée dédiée aux garants de la tradition ?
La journée dédiée aux chefs coutumiers s'est tenue le lundi 2 novembre 2026, dans le cadre de la 18e édition du SIAO à Ouagadougou.
Quel est le thème de la 18e édition du SIAO ?
Le thème retenu est : « Artisanat africain et industrialisation : quelle synergie pour une meilleure organisation et valorisation des produits locaux et du patrimoine culturel ».
Qui a inauguré le SIAO 2026 ?
Le président du Faso, Ibrahim Traoré, a inauguré le salon le vendredi 30 octobre 2026.
Quels sites les chefs coutumiers ont-ils visités ?
Ils ont visité le pavillon de la créativité, le stand de la Présidence du Faso, le village des pays de l'AES et le pavillon Soleil levant.
