Affaire Jubillar : aveux tardifs et révélations explosives à venir
Cinq ans et demi après la disparition de Delphine Jubillar, une infirmière de 33 ans, son mari Cédric Jubillar a finalement avoué le meurtre. Il a conduit les gendarmes à un endroit près d'Albi où des ossements humains ont été retrouvés. L'avocat de l'accusé promet des révélations sur des erreurs d'enquête, qui seront dévoilées au procès en appel prévu en septembre.
Des aveux qui changent tout
Ce jeudi 16 juillet 2026, Cédric Jubillar a mené les enquêteurs sur un terrain à une douzaine de kilomètres d'Albi. Il affirme y avoir enterré le corps de son épouse. Des ossements, dont deux fémurs selon un avocat des parties civiles, ont été découverts. Ils doivent être analysés par l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale à Pontoise pour confirmer s'il s'agit bien de Delphine Jubillar.
Mercredi, l'accusé a été extrait de prison et conduit au palais de justice de Toulouse. Devant la présidente de la cour d'assises, il a reconnu avoir tué sa femme en décembre 2020. Il exprime des regrets très forts, selon son avocat Pierre Debuisson.
Des erreurs d'enquête qui interrogent
Maître Debuisson a déclaré à BFMTV :
Si l'enquête avait été un peu mieux faite au bout de 48 heures, on aurait trouvé des éléments qui auraient permis d'attribuer la mort de Delphine à Cédric Jubillar. Quand ces informations seront révélées au moment du procès, vous comprendrez que les enquêteurs sont passés à côté de choses assez énormes.
Cette déclaration soulève des questions sur la rigueur des investigations initiales. Pour un haut gradé de la gendarmerie qui requiert l'anonymat, ces aveux confirment au contraire que l'enquête a été bien menée. Il y voit une stratégie de défense en vue du procès.
Un procès en appel sous tension
Le procès en appel doit débuter le 21 septembre devant la cour d'assises de Haute-Garonne. Mais les avocats de la défense jugent impossible qu'il se tienne à cette date. L'avocat des enfants partage cet avis. Pour Me Laurent Boguet, la découverte du corps est un soulagement. Elle permettra une sépulture, un deuil et apportera des réponses aux enfants, notamment à Louis, qui avait 6 ans lors de la disparition de sa mère.
Delphine Jubillar avait disparu du domicile conjugal dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, pendant un couvre-feu lié à la pandémie de Covid-19. Elle s'apprêtait à refaire sa vie avec un autre homme. Dans une affaire sans corps, ni aveux, ni preuve formelle, l'intime conviction des juges en première instance s'était forgée grâce à un faisceau d'indices concordants.
Quelles suites pour cette affaire ?
Cédric Jubillar, incarcéré à l'isolement à la maison d'arrêt de Seysses, a perdu l'autorité parentale sur ses deux enfants en décembre dernier. Sa défense tente de contester la notion de meurtre pour privilégier celle de coups mortels ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Mais pour Me Boguet, cela est impossible si Delphine est morte par étranglement, comme le relate une ex-compagne de l'accusé.
Les révélations promises par l'avocat de Cédric Jubillar pourraient encore rebattre les cartes. En attendant, les analyses des ossements retrouvés devraient apporter des éléments décisifs.
FAQ : questions clés sur l'affaire Jubillar
Pourquoi Cédric Jubillar a-t-il avoué si tard ?
Il a reconnu sa responsabilité dans la mort de son épouse dans un courrier transmis à ses avocats le 6 juillet 2026, après plus de cinq ans à clamer son innocence. Il a été condamné à 30 ans de réclusion en première instance en octobre 2025.
Quelles sont les erreurs d'enquête évoquées ?
L'avocat de l'accusé affirme que des éléments auraient permis d'attribuer la mort à Cédric Jubillar dès les 48 heures suivant la disparition. Il promet des révélations au procès, sans donner plus de détails pour l'instant.
Que va-t-il se passer maintenant ?
Les ossements retrouvés doivent être analysés. Le procès en appel est prévu pour septembre 2026, mais pourrait être reporté. La défense conteste la qualification de meurtre.