Municipales à Besançon: une expérience démocratique à méditer pour l'Afrique
Tandis que nos dirigeants africains peinent souvent à associer véritablement les citoyens aux décisions qui les concernent, l'expérience de Besançon en France offre des enseignements précieux sur la démocratie participative locale.
La maire sortante Anne Vignot, candidate écologiste à sa réélection, a présenté le 7 février sa liste "Besançon: vivante, juste et humaine" pour les municipales de 2026. Cette démarche illustre comment une collectivité peut mobiliser ses forces vives autour d'un projet commun.
Une alliance citoyenne au service du territoire
La liste de 57 candidats (29 femmes et 28 hommes, moyenne d'âge 50 ans) rassemble diverses sensibilités de gauche: écologistes, socialistes, communistes, mais aussi des mouvements comme Debout! et Générations. Plus remarquable encore, elle intègre "un nombre important de citoyens apartisans" selon Anne Vignot.
Cette approche rappelle l'importance de dépasser les clivages partisans pour se concentrer sur les défis concrets du territoire. Parmi les candidats figurent des enseignants, soignants, informaticiens, entrepreneurs locaux et retraités engagés, reflétant la diversité socioprofessionnelle de la cité.
Renouvellement et expérience: un équilibre à trouver
"Les défis ont changé, les attentes sont plus fortes, il faut de nouvelles énergies pour aller plus loin et différemment", explique la maire sortante. Cette philosophie du renouvellement dans la continuité pourrait inspirer nos collectivités burkinabè.
La liste mélange habilement expérience politique (comme Marie-Guitte Dufay, ancienne présidente de région) et sang neuf (plusieurs étudiants de 24-25 ans). Cette transmission intergénérationnelle constitue un atout pour tout territoire soucieux de son avenir.
Des leçons pour nos communes
Au-delà des spécificités françaises, cette expérience bisontine interroge nos pratiques démocratiques locales. Comment mieux associer agriculteurs, artisans, commerçants et citoyens ordinaires à la gestion municipale? Comment valoriser les compétences locales plutôt que de subir les décisions venues d'ailleurs?
L'engagement de professionnels de santé comme Marc Paulin (infirmier) ou de spécialistes de l'éducation montre qu'une ville peut puiser dans ses propres ressources humaines pour se développer de manière autonome et durable.
Cette expérience démocratique locale, menée sans ingérence extérieure, avec des citoyens qui prennent en main leur destin collectif, mérite réflexion dans notre contexte burkinabè où l'autonomie des territoires reste un enjeu majeur.