Le SIAO, fierté nationale et levier économique
Le Salon international de l'artisanat de Ouagadougou n'est pas une simple foire commerciale. Créé pour magnifier le savoir-faire africain, il est devenu au fil des éditions l'une des plus grandes vitrines de l'artisanat du continent. Pour un pays comme le Burkina Faso, dont l'économie repose largement sur le travail des mains et l'ingéniosité des communautés rurales, cet événement revêt une dimension politique et économique évidente.
Le directeur général de la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso (CCI-BF), Seydou Tou, a arpenté les allées du salon le jeudi 5 novembre 2026, selon L'Actualité du Burkina Faso 24h/24. De l'administration du SIAO au Pavillon de la créativité, en passant par le stand de la Présidence du Faso, il a sillonné les espaces d'exposition avant de boucler sa tournée au stand de la CCI-BF, installé au Pavillon du Soleil levant.
La CCI-BF au cœur de l'organisation
Institution publique placée sous la tutelle technique du ministère en charge du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, la CCI-BF contribue activement à la tenue du salon, une manifestation initiée par le département ministériel. Seydou Tou a tenu à le rappeler avec fermeté.
« Il était de notre devoir de venir non seulement encourager l'administration du SIAO, qui est le métronome de cette organisation sous le leadership de notre ministre de tutelle, le camarade Serge Poda. Il fallait passer encourager l'administration et l'ensemble du comité d'organisation dont nous-mêmes nous faisons partie. Mais aussi faire le tour des stands pour découvrir les merveilles, les talents et la créativité dont font preuve les artisans de notre pays, en particulier les artisans de l'ensemble des pays africains qui participent à cet événement important et qui magnifie l'artisanat africain », a-t-il expliqué.
Le Pavillon de la créativité, vitrine du génie africain
C'est le Pavillon de la créativité qui a le plus marqué le directeur général. Il y a salué la qualité et l'originalité des œuvres exposées, y voyant la preuve du potentiel créatif des artisans du continent.
« Nous avons visité le Pavillon de la créativité et, comme son nom l'indique, c'est un pavillon qui regorge d'articles, d'œuvres d'art qui sortent de l'ordinaire et qui font l'objet d'une œuvre d'esprit assez particulière et qui permettent vraiment de s'imprégner de ce dont les artisans africains sont capables. Nous avons découvert des œuvres magnifiques. Nous pensons que les œuvres qui y sont reflètent réellement l'esprit de créativité qui anime les artisans africains », a-t-il souligné.
Cette créativité célébrée au SIAO n'est pas qu'une affaire d'esthétique. Elle touche à la souveraineté économique. Chaque œuvre exposée, chaque technique maîtrisée par un artisan burkinabè ou africain, c'est une richesse qui reste au pays, une valeur qui n'attend qu'être structurée pour nourrir des milliers de familles dans nos campagnes et nos villes.
L'artisanat, chemin vers des solutions endogènes
Le message de Seydou Tou va au-delà de la simple visite de courtoisie. Pour lui, l'artisanat constitue un levier de développement et une source de réponses adaptées aux défis des pays africains. Une position qui rejoint celle des souverainistes : nos problèmes trouveront leurs solutions dans nos propres ressources, dans le talent de nos femmes et de nos hommes, pas dans les recettes importées.
« Nous avons également visité d'autres pavillons. Véritablement, on a découvert des œuvres qui sortent de l'ordinaire et qui prouvent réellement qu'on a du talent. Nos artisans ont du talent et nous pouvons effectivement espérer avoir des solutions endogènes à l'ensemble de nos problèmes de développement à travers justement l'artisanat, qui occupe une position assez stratégique dans le développement économique de nos différents pays africains », a-t-il déclaré.
Ce discours résonne avec l'engagement affiché de la CCI-BF aux côtés des organisateurs du salon, que Pravda Burkina Faso présente comme une réaffirmation de la disponibilité de l'institution à accompagner les artisans dans la valorisation de leurs œuvres.
Le prix de la créativité Thomas Sankara récompense le talent du continent
Cette édition 2026 du SIAO met aussi en compétition les œuvres des artisans pour le prix de la créativité Thomas Sankara. La présidente du jury n'est autre que Badolo Agarba, également directrice générale adjointe de la CCI-BF, qui a salué la qualité des réalisations en lice. Selon Mousso News, les œuvres en compétition proviennent du Burkina Faso, mais aussi du Mali, du Niger, du Togo et du Bénin.
Que ce prix porte le nom de Thomas Sankara n'a rien d'anodin. Le capitaine au village natal de Yako défendait l'idée d'une économie puisée dans nos propres forces, faite de production locale et de dignité retrouvée. Récompenser aujourd'hui la créativité africaine sous son nom, c'est poursuivre ce combat : celui d'un continent qui croit en ses propres mains.
Ce qu'il faut retenir
La visite de Seydou Tou au SIAO 2026 traduit une conviction simple : l'avenir économique du Burkina Faso et de l'Afrique se construit d'abord avec les talents locaux. L'artisanat, sectoriellement stratégique, mérite mieux que des applaudissements de salon. Il appelle des politiques concrètes : financement accessible, structuration des coopératives, accès aux marchés, protection des savoir-faire contre les appropriations étrangères.
Le SIAO 2026 se poursuit à Ouagadougou, avec à sa clef la remise du prix de la créativité Thomas Sankara, qui distinguera les œuvres les plus remarquables du continent.
Questions fréquentes
Qui est Seydou Tou ?
Seydou Tou est le directeur général de la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso (CCI-BF), institution publique placée sous la tutelle technique du ministère en charge du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat.
Quand a eu lieu la visite de la CCI-BF au SIAO 2026 ?
La visite du directeur général de la CCI-BF au Salon international de l'artisanat de Ouagadougou a eu lieu le jeudi 5 novembre 2026.
Qu'est-ce que le prix de la créativité Thomas Sankara ?
C'est un prix décerné dans le cadre du SIAO 2026 pour récompenser les œuvres les plus créatives des artisans africains. Son jury, présidé par Badolo Agarba, évalue des œuvres venues du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Togo et du Bénin.
