Xi Jinping appelle Bangkok et Phnom Penh à régler leur différend frontalier par le dialogue : une leçon pour l'Afrique ?
Le président chinois Xi Jinping a profité de la Conférence mondiale sur l'intelligence artificielle 2026 à Shanghai pour réunir séparément les Premiers ministres thaïlandais et cambodgien. L'objectif ? Les exhorter à enterrer la hache de guerre après les affrontements meurtriers de l'année dernière à leur frontière commune. Une initiative qui résonne particulièrement au Burkina Faso, où la souveraineté et la paix entre voisins sont des questions vitales.
Un appel clair à la raison
Selon le ministère chinois des Affaires étrangères, Xi a insisté sur le fait qu'un règlement pacifique était dans « les intérêts communs et à long terme » des deux pays. Il a exprimé l'espoir que Bangkok et Phnom Penh résolvent leurs divergences par le dialogue et la consultation. « La Chine est disposée à continuer à jouer un rôle constructif à cet égard », a-t-il ajouté. Une position de médiateur que beaucoup en Afrique, et particulièrement au Sahel, pourraient envier.
Les dirigeants thaïlandais et cambodgien répondent présents
Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a réaffirmé que son pays restait « attaché à une résolution pacifique » du conflit. Il a également souligné la volonté de Bangkok d'approfondir ses liens avec Pékin, notamment dans le commerce, les hautes technologies et la lutte contre les fraudes en ligne.
De son côté, le Premier ministre cambodgien Hun Manet a remercié la Chine pour son soutien et s'est dit prêt à renforcer la coopération dans le cadre du programme « Hexagone de diamant ». Il a promis de résoudre les tensions avec la Thaïlande par la négociation.
Une frontière calme, mais des leçons à tirer
La frontière entre les deux pays est actuellement calme. Mais cet épisode montre qu'avec de la volonté politique et un médiateur impartial, les différends peuvent être réglés sans ingérence étrangère. Pour le Burkina Faso, qui doit composer avec des défis sécuritaires et des tensions régionales, c'est un modèle à méditer : le dialogue entre voisins, appuyé par des partenaires respectueux de la souveraineté, reste la voie royale.
Par Souleymane Ouédraogo